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Actualité : Éjecter la batterie : la nouvelle idée de Stellantis contre les incendies de voiture électrique
Les feux de voitures électriques font régulièrement l’actualité, et la question de les maîtriser efficacement reste au centre des préoccupations. Stellantis sort ainsi de son chapeau la batterie éjectable pour sauver ses véhicules des flammes.
© supergenijalac/Shutterstock - Le groupe Stellantis réfléchit activement à éjecter la batterie de ses voitures électriques pour éviter la propagation des flammes à tout l’habitacle.
Bien que rares, les incendies de véhicules électriques s’accumulent au fur et à mesure de leur démocratisation. Ils sont d’ailleurs particulièrement redoutés en raison de l’emballement thermique des batteries. Pour limiter les dégâts et éviter l’embrasement total de l’habitacle, Stellantis explore une piste pour le moins radicale via un nouveau brevet. Son objectif est d’éjecter purement et simplement ce composant sur la chaussée dès qu’un départ de feu ou un choc critique se déclare.
Déposé aux États-Unis, ce nouveau dispositif breveté par Stellantis repose sur une dissociation instantanée de la batterie haute tension du véhicule. Dans le document, on peut lire que deux méthodes sont envisagées pour libérer l’accumulateur : un système de rails coulissants, ou des fixations pyrotechniques capables de cisailler les ancrages et de couper les liaisons électriques en une fraction de seconde.
Une fois l’accumulateur largué sur le bitume, le véhicule ne se retrouve pas immobilisé au-dessus du brasier. Les ingénieurs ont en effet intégré un astucieux module permettant à la batterie auxiliaire de 12 V de prendre le relais pour mouvoir la voiture sur quelques mètres, éloignant ainsi l’habitacle de la zone dangereuse.
Le brevet qui veut éjecter la batterie des voitures électriques
Si cette idée cherche avant tout à éviter l’embrasement généralisé du véhicule, son passage sur les chaînes de production relève du défi industriel. Sur la quasi-totalité des voitures électriques actuelles, le caisson de batterie fait partie intégrante de la structure et assure la rigidité du châssis. Déployer une telle déconnexion d’urgence imposerait donc de reconcevoir entièrement les architectures des véhicules, engendrant des coûts colossaux en R&D et sur les lignes d’assemblage.
En prime, une batterie larguée violemment au sol deviendrait inutilisable, alourdissant la facture de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour s’en rééquiper par la suite.
À tout cela s’ajoute l’obstacle majeur de la sécurité des autres usagers de la route. Abandonner sur le bitume un composant chimique en feu de plusieurs centaines de kilos crée un danger immédiat pour la circulation. Le brevet ne précise d’ailleurs pas si la voiture électrique doit être à l’arrêt, ce qui pose la question d’un largage à vive allure au milieu du trafic et du risque de collision avec les conducteurs qui suivent.
Un casse-tête pour les secours, qui devraient alors gérer plusieurs incidents en même temps au lieu d’un seul véhicule embrasé. Reste que la réglementation actuelle interdit formellement d’abandonner un composant chimique dangereux sur la chaussée, ce qui compromet pour l’instant toute perspective d’homologation sur route ouverte.