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"Ces gamins n'ont pas de limites !" : face à des manifestants lycéens souvent mineurs, des interventions plus délicates pour les policiers
Face à ce mouvement qui dure et s'intensifie, la situation devient de plus en plus compliquée à gérer pour les forces de l'ordre.
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Après plusieurs jours de blocage d'établissements (plus de 900 recensés jeudi 1er octobre) et de manifestations de lycéens, le ministre de l'Education nationale doit rencontrer vendredi les représentants des syndicats lycéens, des associations de parents d'élèves et des représentants des professeurs. L'urgence est de faire retomber la pression, après les dégradations et violences constatées en marge de certains rassemblements.
Une situation difficile à gérer pour les forces de l'ordre : pour Rudy Manna, policier depuis plus de 30 ans, ce n'est pas une mobilisation lycéenne comme les autres "Une telle violence qui s'est propagée autant dans le pays, de mémoire je n'avais jamais vu ça. Les policiers sont tous pères de famille, c'est extrêmement compliqué d'agir parce qu'on a souvent, face à nous, des gamins. Et la difficulté avec ces gamins-là, c'est qu'ils n'ont pas de limites. On prend plein de choses dans la gueule !"
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La grande majorité des manifestants sont mineurs, rappelle Rudy Manna, qui est aussi porte-parole du syndicat Unsa-Police. Mercredi 30 septembre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez demandait donc aux forces de l'ordre un usage de la force "strictement proportionné". Mais face au nombre de dégradations, les policiers sont passés au schéma "violences urbaines", qui permet davantage d'interpellations.
"Évidemment, on agira différemment avec un gamin de 14 ans. On va être moins agressif. Mais on est obligé, à un moment donné, d'employer la force strictement nécessaire pour interpeller ces individus."
Le policier s'attend aussi à un gros renfort de forces de l'ordre, annoncé hier soir par le ministère de l'Intérieur. "Toutes les compagnies républicaines de sécurité qui étaient en repos sont rappelées sur toutes les villes où il y a des grosses tensions. Donc on rappelle beaucoup de policiers qui sont en repos, plusieurs milliers, pour essayer de rétablir l'ordre public."
Rien que lors de la journée de jeudi, près de 2 000 personnes ont été interpellées. Des interpellations essentiellement pour "atteinte aux personnes dépositaires de l'autorité publique", "violences" et "attroupements", a annoncé le ministère de l'Intérieur. Parallèlement, l'IGPN est saisie de plusieurs enquêtes après que des lycéens ont été blessés ces derniers jours : à Argenteuil, Tours, Sevran et Saint-Ouen-l'Aumône.
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