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-13 % en Chine, +154 % à l’export : comment BYD mise tout sur l’international pour sauver les meubles
La Chine n’est plus l’eldorado qu’elle était quelques années plus tôt pour l’industrie automobile. Le marché chinois traverse une crise sérieuse : les ventes de voitures particulières y ont reculé de 22 % sur un an entre le 1er janvier et le 27 septembre 2026, selon l’association chinoise des voitures particulières (CPCA).
La réduction des aides à l’achat de voitures électriques, fin 2025, a pesé sur la demande, et la concurrence entre constructeurs est de plus en plus rude. Pour mémoire, on en compte actuellement pas moins de 129. Parmi eux, on peut citer BYD, qui a repris à Tesla la place de premier vendeur mondial de voitures 100 % électriques au deuxième trimestre 2026, après l’avoir perdue au premier. Mais même lui n’échappe pas aux difficultés.
Ses immatriculations continuent de dégringoler dans son pays natal : celles de la marque BYD y ont chuté de 45,9 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Mais la firme basée à Shenzhen a un autre atout : les exportations. Le pari paie : d’après les calculs de l’agence Reuters à partir des chiffres publiés par BYD ce jeudi 1er octobre, ses ventes de voitures et de pick-up hors de Chine se sont envolées de 153,9 % sur un an en septembre 2026.
Elles ont atteint 179 877 unités, un chiffre qui comprend aussi les utilitaires. Mais ce n’est pas tout, car le constructeur a aussi cartonné à l’étranger sur les neuf premiers mois de 2026. Depuis janvier, 42,7 % de ses ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables ont été réalisées hors de Chine, soit 1 337 831 véhicules exportés sur un total de 3 131 576. Un vrai tour de force pour le géant chinois, qui n’a pas vraiment d’autre choix.
En un an, la part de l’export a plus que doublé : en septembre, les ventes hors de Chine ont pesé 39 % du total de BYD, contre 18 % en septembre 2025 (et 43 % en août). Sur neuf mois, BYD a déjà exporté plus de véhicules que sur toute l’année 2025 (1,05 million).
Ses ventes totales sur neuf mois restent pourtant inférieures de 4 % à celles de la même période en 2025, comme le rapporte Bloomberg.
À l’export, BYD visait environ 1,5 million de voitures électriques et hybrides en 2026, un objectif relevé à 1,9 à 2 millions après ses résultats semestriels. Avec 1,34 million de véhicules exportés fin septembre, il lui reste entre 560 000 et 660 000 unités à écouler hors de Chine d’ici décembre, soit environ 190 000 à 220 000 par mois, au niveau de son record d’août (189 466 véhicules exportés) ou au-dessus.
Et autant dire que le constructeur mise énormément sur ses ventes dans le reste du monde. Car ce sont elles qui lui ont permis de faire grimper ses chiffres en septembre. Ses ventes mondiales ont augmenté de 17 % sur un an en septembre, à 463 561 exemplaires, un peu moins que la hausse de 17,8 % d’août. Avec 3,13 millions de ventes sur neuf mois, BYD reste loin de son objectif annuel de 5 à 5,5 millions de véhicules.
En Chine, ses ventes ont encore reculé de 13 % sur un an en septembre, à 282 861 véhicules. Sur son marché, la firme chinoise doit aussi faire face à Geely, qui a présenté le 23 septembre une borne de recharge annoncée à 2,25 MW en crête, au-dessus des 1,5 MW du Flash Charging de BYD (la Lynk & Co 10 testée a plafonné à 1 093 kW).
BYD a donc une carte à jouer en dehors de son pays natal. Il réalise d’ailleurs désormais 53 % de son chiffre d’affaires hors de Chine, une première. Il met notamment l’accent sur l’Europe, où il va produire ses voitures : son usine hongroise, la première du groupe en Europe pour les voitures particulières, doit commencer l’assemblage en novembre ou décembre.