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Tenir son téléphone au volant peut entraîner une suspension du permis partout en France
Si vous êtes surpris avec votre smartphone à la main au volant, vous pourrez perdre votre permis pendant plusieurs semaines, même si vous n’avez commis aucune autre infraction. Le ministère de l’Intérieur demande maintenant à tous les préfets d’appliquer cette sanction, alors qu’une vingtaine de départements seulement le faisaient jusqu’ici.
Si vous êtes pris votre téléphone à la main tout en conduisant, alors vous en serez quitte de 135 euros d’amende et trois points de permis. Depuis 2020, policiers et gendarmes peuvent aussi retenir son permis sur-le-champ, à condition qu’il ait commis en même temps un excès de vitesse ou grillé un feu rouge, par exemple. Le préfet avait en outre la possibilité de suspendre le permis pour le seul usage du téléphone. Mais « en réalité, très peu de préfets sanctionnent cet usage en lui-même », a constaté Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, auprès du Figaro hier. Avec une instruction envoyée aux préfets le 29 septembre, l’Intérieur veut en finir avec ces écarts d’un département à l’autre.
Dans l’instruction qu’ils ont signée ensemble, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, et Marie-Pierre Vedrenne demandent aux préfets de généraliser la suspension. « Le simple fait de tenir son téléphone à la main, sans que cela n’entraîne un excès de vitesse ou toute autre infraction, pourra désormais entraîner une suspension administrative du permis », a expliqué la ministre déléguée. Les policiers et gendarmes chargés du contrôle ne retireront pas le permis sur place, puisque c’est le préfet qui décide ensuite de la suspension avant de la notifier à l’automobiliste.
Aucune durée n’est fixée par l'instruction nationale, et chaque préfet choisira la sienne. Dans les départements qui appliquaient la mesure, la suspension a duré quinze jours en moyenne, d’après les chiffres du ministère. La préfecture d’Indre-et-Loire a opté en juillet pour un mois de suspension, porté à deux mois pour les titulaires d’un permis probatoire et les chauffeurs professionnels de taxi ou de VTC. Le plafond légal d’une suspension administrative est de six mois.
Pour Marie-Pierre Vedrenne, les préfets suspendront le permis de « monsieur et madame Tout-le-Monde », et pas seulement celui des chauffards récidivistes. La ministre n’a parlé que du téléphone tenu en main. Les écouteurs et les oreillettes sont interdits au volant depuis 2015 et sanctionnés par une amende de 135 euros. Le kit Bluetooth sans oreillette et le système multimédia intégré au véhicule sont en revanche autorisés.
La préfecture des Landes a lancé le dispositif en novembre 2025 et a suspendu 300 permis au cours des trois premiers mois. D’après le ministère, les forces de l’ordre ont ensuite repéré 12 % de conducteurs en moins avec leur téléphone en main sur les routes du département. Les préfectures du Lot-et-Garonne et du Pas-de-Calais ont adopté la mesure en février 2026, puis celle de Charente-Maritime en mai. Cette dernière a prévu une suspension de six mois au maximum et une contribution citoyenne de 200 euros, versée à une association d’aide aux victimes. Au total, une vingtaine de départements appliquaient la sanction avant l’instruction du 29 septembre.
« Le téléphone au volant s’est banalisé », a expliqué Marie-Pierre Vedrenne, pour qui « près de 80 % des Français admettent le manipuler en conduisant ». En 2025, 3 515 personnes sont mortes sur les routes, selon les statistiques officielles. « Vous pouvez avoir sur la conscience une mort, tout ça parce que vous avez voulu envoyer un SMS », a prévenu la ministre.
Le ministère n’a pas précisé sur quelle période ni avec quelle méthode il a mesuré ce recul de 12 % dans les Landes. Il n'a pas non plus donné le niveau observé après les trois premiers mois.