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Colère des lycéens : "Il y a une logique d'émeute urbaine", estime Valérie Pécresse
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Dimanche 4 octobre, Valérie Pécresse était l'invitée du "Grand Enjeu" sur franceinfo. La Présidente du Conseil régional d'Île-de-France est revenue sur les manifestations des lycéens partout en France et sur les heurts survenus en marge de cette protestation.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Myriam Encaoua : On peut résumer le mouvement des lycéens en deux images : d'un côté, des mobilisations de jeunes avec des blocus assez classiques, de l'autre, des bâtiments publics en flammes et de la violence. Laquelle des deux images résume aujourd'hui le mouvement pour vous ?
Valérie Pécresse : Malheureusement, vous le savez, quand les mouvements sont instrumentalisés, ils deviennent très souvent violents. Il y a une logique d'émeute urbaine qui se substitue à la logique de revendications qui sont légitimes. Là, c'est ce qui est en train de se passer. C'est ce qui se passe en Île-de-France, mais c'est ce qui se passe partout en France.
Le syndrome de l'émeute urbaine, c'est simple, c'est quand des gens qui n'ont rien à voir avec le lycée débarquent cagoulés de noir avec des bidons d'essence et viennent foutre le feu. Ça s'appelle une logique d'émeute urbaine, ça s'appelle une manipulation d'un mouvement social, et c'est ce qui est en train d'arriver. Ce qui est terrible, c'est que vous voyez, en Île-de-France comme en France, nous avons une jeunesse qui est une jeunesse très fragile. Nos lycéens aujourd'hui sont très fragiles. Ils sont très fragiles parce qu'ils ont connu le Covid. Ce sont des jeunes qui ont été confinés, qui ont appris dans le confinement, qui se sont retrouvés face aux réseaux sociaux. Ce sont des jeunes qui expriment souvent un mal-être. Donc on travaille beaucoup sur la santé mentale de ces lycéens, justement parce qu'on sait qu'ils sont peut-être un peu plus fragiles. Ils ont de l'éco-anxiété, ils ont le Covid qu'ils ont vécu, et puis ils ont l'IA qui arrive et qui chamboule tout, et dans un monde où ils se demandent s'ils vont encore avoir un emploi. Donc on a des fragilités.
Vous êtes à la tête de 550 000 lycéens du public, 468 lycées publics. Combien seront fermés lundi 5 octobre ?
Alors, malheureusement, on en aura plus de 160 qui seront fermés. Ça veut dire, plus d'un tiers. Cette situation, à la fois, elle m'attriste et elle m'indigne. Je suis triste parce que je pense à ce tiers de lycéens qui ne va pas avoir cours pendant des semaines, parce que l'objectif de ceux qui ont lancé et qui entretiennent ce mouvement, c'est évidemment, comme ils disent, de tenir jusqu'aux vacances. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Ça m'attriste énormément parce que c'est de la perte de chance et que, comme par hasard, les bloqueurs et les casseurs sont allés dans les lycées les plus fragiles, souvent socialement, et donc on est en train d'attaquer l'apprentissage de jeunes qui ont besoin d'apprendre, et ça, ça m'attriste énormément.
Céline Rousseau : Est-ce que vous envisagez un scénario selon lequel des enfants n'auront pas de cours jusqu'aux vacances ?
Aujourd'hui, j'appelle vraiment au calme. J'appelle au retour au calme. Je crois que la porte du ministre et la mienne sont totalement ouvertes. Nous sommes prêts à tout entendre. Moi, j'ai une boucle WhatsApp avec tous les maires d'Île-de-France. Tous les maires ont mon numéro de téléphone. Ils peuvent me saisir du moindre problème dans un lycée. Ils le savent. Donc la vérité, c'est que la rentrée s'était bien passée. Voilà, c'est ça, la vérité. J'appelle au calme et j'appelle aussi les parents à nous aider. C'est important que les parents aussi nous aident et disent à leurs enfants : "Vous portez vos revendications, mais portez-les calmement. Ne vous joignez pas à ces casseurs qui sont en train de ruiner vos apprentissages, ruiner votre éducation."