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PlayStation −25 %, Xbox −33 % : le marché américain des consoles n’a pas été aussi fragile depuis les années 80
Sony n’avait pas vendu aussi peu de consoles aux États-Unis depuis 2013. Mat Piscatella, analyste chez Circana (l’ex-NPD, qui suit les ventes de jeux vidéo dans le commerce américain), a publié le 8 octobre les chiffres du marché à fin août.
De janvier à août 2026, les ventes de consoles PlayStation ont reculé de 25 % par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, le prix moyen payé pour une PlayStation a grimpé de 20 %.
Pour trouver pire sur ces huit mois, il faut revenir à l’époque où la PS3 finissait sa carrière et où la PS4 n’était pas encore sortie. Mat Piscatella estime d’ailleurs que le marché américain des consoles n’a pas été aussi fragile depuis le début des années 1980. À ce moment-là, l’industrie du jeu vidéo s’était effondrée en Amérique du Nord (rien que ça).
Sur le seul mois d’août, les ventes de PlayStation ont baissé de 11 % sur un an. Pourtant, le chiffre d’affaires de Sony sur ses PS5 a progressé de 17 %, parce que chaque console rapporte plus. Le prix moyen d’une PS5 frôle désormais les 600 dollars aux États-Unis (environ 535 euros hors taxes), pour une console qui entame sa sixième année. D’habitude, une console baisse avec l’âge. En 2018, cinq ans après sa sortie, la PS4 se vendait à moins de 200 dollars (environ 180 euros) avec Marvel’s Spider-Man dans la boîte.
En France, la courbe va dans le même sens. Depuis le 2 avril 2026, les PS5 standard et PS5 Pro coûtent respectivement 649,99 et 899,99 euros, contre 499,99 euros pour la PS5 à sa sortie en 2020. Sony continue malgré tout de présenter ses consoles comme « plus abordables » qu’un PC gaming. Néanmoins, les prix sont bien plus élevés en magasin, et on parle d’une pénurie généralisée.
Chez Microsoft, la chute est plus forte. Les ventes de consoles Xbox ont reculé de 33 % de janvier à août aux États-Unis, à leur plus bas niveau jamais mesuré par Circana. Le prix moyen payé a grimpé de 26 % sur la période, après plusieurs hausses de tarifs.
Nintendo résiste mieux, sans échapper au mouvement. La Switch 2 reste la console la plus vendue aux États-Unis en août comme depuis le début de l’année, en nombre d’unités comme en dollars. Ses ventes en valeur ont pourtant reculé de 13 % en août par rapport à août 2025.
La baisse ne date pas de cet été. En décembre 2025, chiffres de Circana à l’appui, les trois constructeurs avaient reculé ensemble en novembre aux États-Unis. Les Xbox Series perdaient 70 % sur un an, la PS5 plus de 40 % et l’ensemble Switch et Switch 2 environ 10 %. C’était le pire mois de novembre en nombre de consoles vendues depuis 1995.
Les trois constructeurs ont relevé leurs prix, parfois plusieurs fois, et la mémoire pèse lourd dans l’addition. Les fabricants de consoles se disputent les puces de mémoire avec les centres de données dédiés à l’IA. Asha Sharma, CEO de Xbox, a prévenu que ce poste de coût pourrait être multiplié par plus de cinq fin 2027 par rapport à deux ans plus tôt. La même crise des composants explique que la PS6 n’ait toujours pas de date de sortie.
En parallèle, Sony a annoncé la fin des jeux PlayStation sur disque à partir de janvier 2028. Le constructeur a maintenu ce calendrier malgré la grogne des joueurs et celle des éditeurs. Selon Sony, 82 % des jeux vendus sont déjà téléchargés, et le jeu physique ne représente plus qu’environ 4 % de ses revenus logiciels.