// FRANDROID — MOBILE & WEB
Decathlon veut ressusciter les batteries de ses vélos électriques avec la pépite française VoltR
Decathlon, par l’intermédiaire de sa filiale Decathlon PULSE, est entré le 5 octobre au capital de la startup française VoltR, et ça n’a rien de surprenant. Située non loin d’Angers, cette dernière se décrit comme un fabricant « de batteries made in France, éco-conçues, performantes et à faible impact ». Au premier abord, on se demande comment l’entreprise se fournit en lithium, car, aux dernières nouvelles, il n’y a pas de gisement de lithium dans le Maine-et-Loire.
En réalité, VoltR se fournit dans les batteries usagées. L’entreprise collecte des batteries en fin de première vie, issues de vélos et trottinettes électriques ou d’outils électroportatifs, puis diagnostique leurs cellules une par une. Celles dont la capacité et la sécurité sont jugées suffisantes repartent dans de nouvelles batteries adaptées à leur performance restante. VoltR revendique déjà plus de 20 000 batteries mises sur le marché avec cette méthode.
Jusqu’à 330€ d’avantages avec nos offres Hello Prime ou Hello Prime Duo, dont 80€ cash à l’ouverture de compte !
Ces batteries de seconde vie sont déjà en rayon chez une autre enseigne. Depuis décembre 2025, Leroy Merlin vend dans ses 140 magasins trois batteries d’outillage VoltR de 18 V et 4,8 Ah, compatibles avec les outils Ryobi, Bosch et Makita. La startup les présente comme plus abordables que les batteries d’origine des grandes marques.
Créée en décembre 2022, la startup avait levé 4 millions d’euros lors d’un premier tour de table, notamment auprès de C4 Ventures. Les 16 millions d’euros de fonds propres de cette nouvelle opération représentent donc quatre fois plus.
Pour passer à la vitesse supérieure, l’entreprise vient de sécuriser 22 millions d’euros : 16 millions levés en fonds propres, complétés par 6 millions d’euros de subventions du programme public Première Usine. Cet argent doit servir à doubler la surface de l’usine de Verrières-en-Anjou et à multiplier par six les capacités de production d’ici deux ans. VoltR, qui compte aujourd’hui une quarantaine de salariés, prévoit aussi de doubler ses effectifs.
Au capital, on retrouve deux investisseurs : le Fonds SPI 2, géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, et Decathlon PULSE, la structure d’investissement du distributeur sportif. La part de chacun n’a pas été rendue publique. Pour Decathlon, VoltR pourrait offrir un débouché aux batteries usées de ses vélos électriques et de ses autres produits de mobilité. L’économie circulaire fait partie des axes d’investissement de Decathlon PULSE, et l’enseigne teste déjà d’autres pistes, comme la remise en location des vélos rendus en fin de contrat en Belgique.
Franck Vigo, directeur général de Decathlon PULSE, dit d’ailleurs partager avec VoltR l’idée que « la circularité doit être au cœur des modèles industriels de demain ». En parallèle, Decathlon connaît bien l’usage réel de ses vélos, y compris ceux qu’il loue, ce qui peut aider VoltR à mieux connaître les batteries collectées et les besoins pour des packs de batteries de seconde vie. Maxime Bleskine, directeur général de VoltR, compte justement sur « une connaissance très concrète des usages et des marchés » apportée par Decathlon PULSE.
Pour les clients de Decathlon, rien ne change dans l’immédiat : ni l’enseigne ni VoltR n’ont annoncé de batterie VoltR vendue en magasin Decathlon, ni de service de remplacement ou de reprise des batteries de vélos électriques de la marque. Pour l’instant, l’opération se limite à l’entrée au capital. Si Decathlon finit par proposer des batteries de rechange de seconde vie pour ses vélos, l’intérêt deviendra bien plus concret pour les cyclistes.
Envie de retrouver les meilleurs articles de Frandroid sur Google News ? Vous pouvez suivre Frandroid sur Google News en un clic.