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Actualité : Back Market, Recommerce, Cdiscount : les acteurs du reconditionné s’engagent sur une charte pour éviter les mauvaises surprises
Produits pas certifié, TVA pas payée, garantie inexistante… Bien que solidement implanté en France depuis de longues années, le secteur du reconditionné souffre encore d’une image compliquée. Une charte récemment signée par la plupart des grands acteurs du secteur veut mettre de l’ordre dans tout ça.
© ArieStudio // Shutterstock - Choisir un reconditionneur, c'est un art
Depuis les débuts du reconditionné en France il y a 15 ans, le secteur n’a qu’un mot à la bouche : la "réassurance". À chaque étape du processus, les industriels de la seconde main veulent montrer patte blanche pour convaincre le grand public que l’achat d’un produit d’occasion peut se faire avec la même confiance que vous donneriez à un produit neuf.
Pour ce faire, les marques rivalisent de labels, de certifications et de politique de garantie toujours plus avantageuse. La dernière initiative en date est la signature par bon nombre d’acteurs d’une charte à la fois ambitieuse et imparfaite.
Mi-septembre, de grands noms du secteur ont apposé leur sceau en bas de la "charte de bonnes pratiques pour la vente d’appareils numériques reconditionnés sur les places de marché" proposé par le ministère de l’Économie et la Fédération du Réemploi et la Réparation (Rcube). On y trouve notamment les logos de Back Market, d’Amazon, de Cdiscount, de Boulanger, de Fnac-Darty et de nombreux reconditionneurs plus ou moins connus, comme Recommerce, Certideal ou Largo.
Sur le papier, cette charte rappelle les principes de bases qui encadrent la vente de produits reconditionnés. Paiement de la TVA, de la redevance copie privée, participation au mécanisme de responsabilité élargie du producteur, etc. Selon Benoit Varin, cofondateur de Recommerce, l’idée est "que tout le monde paye la même chose pour éviter la prime au vice".
Engagé depuis longtemps dans la lutte contre les "free-riders" qui gangrène le secteur du reconditionné et qui participe à saper l’image de l’industrie, celui qui est également président de Rcube explique : "on a des preuves qu’il y a des vendeurs sur les marketplace qui vendent des produits sans factures et sans payer la TVA, les écocontributions, la copie privée, etc." Le but de cette charte est donc pour les reconditionneurs et les revendeurs de prouver leur bonne foi et de se démarquer des acteurs moins vertueux qui pullulent sur le marché.
Petit problème, comme le souligne le texte lui-même, "les engagements volontaires de cette charte ne sont pas juridiquement contraignants". Il s’agit donc surtout pour les signataires d’un effort symbolique sans grande portée concrète. "C’est une étape formelle et officielle que de reconnaître que toutes les règles actuelles ne sont pas appliquées sur la vente de produits électroniques reconditionnés", avance tout de même Benoit Varin.
Sur les rails depuis 2019, le projet a failli être enterré à moult reprises. Si les ambitions du texte ne sont pas renversantes, elles permettent au moins de mettre tous les acteurs autour de la table et d’injecter un peu de rigueur institutionnelle dans une industrie qui en a définitivement besoin. "On le prend comme une étape. On en a d’autres avec des clauses de revoyure ensuite", détaille le président de Rcube.
Pour les plateformes qui veulent en faire plus, il est toujours possible d’engager une démarche d’audit et de certification pour obtenir le macaron RecQ, seule certification indépendante reconnue par l’industrie. Pour les acheteurs et acheteuses, c’est un outil de plus pour naviguer dans la jungle du reconditionné. Malheureusement, sans intervention plus musclée du législateur et des autorités compétentes, la responsabilité d’acheter du reconditionné responsable repose encore sur les épaules de chacun et chacune.