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Sucre : ce que l’industrie n’a jamais dit et pourquoi la transparence compte !
Il est tellement omniprésent qu’il passe inaperçu. Si le sucre existe à l’état naturel, il est aussi ajouté dans nos aliments avec une précision bien étudiée. Et si cet ajout dans notre nourriture était une histoire de lobbying, une fable financée par l’industrie sous couvert de recherches scientifiques ou même de marketing déguisé pour orienter nos choix gustatifs ?
Louis Bertolini est l’un des fondateurs de greenwhey. Et parce que, avec son associé Étienne Gelas, tous deux ont souhaité une marque transparente, ils ont voulu parler du sucre sans tabou et expliquer pourquoi et comment ils l’utilisent pour leurs produits.
Vous souvenez-vous de cette publicité des années 1990 montrant une petite abeille virevoltant, lançant des « J’étais là ! » et ponctuant enfin « Le sucre, le goût des bons moments » ? Derrière cette campagne se cachait la Collective du Sucre qui faisait l'apologie du sucre. Irrationnel aujourd’hui ! Pourtant, l’histoire a débuté bien avant…
Dans les années 1960, le chercheur Howard Moskowitz théorise le « bliss point » : un dosage exact de sucre, de sel et de gras qui maximise le plaisir gustatif sans jamais atteindre la saturation. Les marques de soda sont les premières à utiliser cette méthode, suivies des pains industriels, plats préparés, sauces ou encore yaourts.
Vingt ans plus tard, les recommandations officielles américaines incitent à réduire les graisses, une aubaine pour l’industrie du sucre. Conséquence : les rayons se remplissent de produits « allégés » et, pour compenser le goût altéré, sucres et glucides raffinés y sont ajoutés. Leur consommation explose et l’obésité avec.
Dans le milieu des années 1960 à Washington, sous l’impulsion de son vice-président, John Hickson, l'industrie sucrière américaine entreprend de financer une revue scientifique. Le but ? Contrecarrer les dernières études accusant le sucre d'être responsable de maladies cardiovasculaires et pointer le doigt vers les graisses et le cholestérol. Publiée en 1967, l’étude sera reprise pendant des décennies. Ce conflit d’intérêt refait surface en 2016, grâce aux travaux de la chercheuse Cristin Kearns.
En 2010, Coca-Cola finance le Global Energy Balance Network, une organisation scientifique qui, sous l’influence du géant, démontre que l’obésité est essentiellement due au manque d’exercice du consommateur sans que le sucre ne soit inquiété. La multinationale va même plus loin en choisissant ses intervenants et en orientant leurs communications. Selon la nutritionniste américaine Marion Nestle interrogée par le Times, l’objectif est simple : « Inciter ces chercheurs à semer la confusion scientifique et à détourner l’attention de l’alimentation ».
Finalement, en 2015, le Global Energy Balance Network est dissout, trop lié à Coca-Cola pour être objectif.
Cette même méthode revient d’ailleurs régulièrement : il ne s’agit pas d’éviter de répondre à une question, mais d’orienter la science pour mieux convaincre le consommateur.
Si l’illustration de cette problématique est axée sur l’un des produits américains phares, l’Europe n’est pas en reste et la question de l’adoption du Nutri-Score en 2022 a fait l’objet d’intenses débats et de pressions de la part de l’industrie agroalimentaire.