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Notre planète est moins stable qu'on ne le pensait : une découverte sur les pôles au temps des dinosaures a surpris les chercheurs
Lorsqu’on regarde une carte du monde, la forme des continents nous fait immédiatement penser aux pièces d’un puzzle que l’on aurait soigneusement détachées et écartées. Ce qui s’étale sous nos yeux n’est autre que le résultat de millions d’années de mouvements tectoniques. Si la théorie de la tectonique des plaques, associée à l’expansion des fonds océaniques, est désormais solidement ancrée, reconstruire avec précision le mouvement des continents pour découvrir l’agencement des plaques par le passé n’est pas aussi évident qu’il y paraît. Pour rembobiner le film de l’histoire tectonique de la Terre, les anomalies magnétiques sont ici des marqueurs essentiels.... Lire la suite
Est-ce que les pôles de la Terre vont bientôt s’inverser ? Dit comme ça, on dirait que, si vous vivez dans l’hémisphère Sud, vous vous réveillerez à côté de la maison du Père Noël, qui aura soudainement changé de place, et que toutes les cartes du monde seront à revoir. Il y a un sujet effectivement sur cette histoire d’inversion des pôles, mais il faut savoir de quoi on parle.... Lire la suite
Les pôles géographiques de la Terre ont connu des périodes il y a quelques millions d'années, durant lesquelles ils se déplaçaient extrêmement vite. Plus vite même que les plaques tectoniques, ce qui n'a pas été sans conséquence.
[EN VIDÉO] Lors d'une inversion géomagnétique, les pôles changent de position avec le champ magnétique qui s'affaiblit et présente une structure multipolaire complexe. À partir de données paléomagnétiques des chercheurs du Centre Helmholtz de géosciences (GFZ) de Potsdam, ont construit un modèle du champ de la Terre pour l'inversion de Matuyama-Brunhes, il y a environ 780 000 ans.La vidéo suit l'évolution d'une surface d'intensité constante pendant l'inversion. Trois violons et trois violoncelles forment une pièce musicale à six voix qui suit également l'évolution du champ.© ESA, Science: Sanja Panovska and Ahmed Nasser Mahgoub (GFZ); Animation: Maximilian Arthus Schanner (GFZ); Sound: Klaus Nielsen (DTU / Maple Pools [www.maplepools.dk]) and Max Schanner; Executive Producer: Guram Kervalishvili (GFZ); Special Thanks to: Martin Rother (GFZ)
Sur une carte, les pôles Nord et Sud de la Terre semblent bien établis et fixes. Pourtant, cela n'est pas totalement exact, et le phénomène de dérive polaire les a fait se décaler légèrement au cours des dernières centaines de millions d'années. Une étude parue récemment dans la revue Science et repérée par le site Space montre que cette dérive a été plus forte à quelques reprises sous le règne des dinosaures.
La dérive des pôles terrestres est connue. Il s'agit d'une réorientation de l'axe de rotation terrestre, un phénomène naturel qui ne se produit d'ailleurs pas que sur Terre et que l'on explique par les mouvements d'inertie et la distribution de la masse de la planète. Pour résumer : les fluides à l'intérieur de la Terre bougent, la masse n'est pas distribuée toujours de la même façon, et cela peut provoquer des mouvements de l'axe, même sans perturbation extérieure.
Encore aujourd'hui, la dérive des pôles se poursuit avec un décalage d'une dizaine de centimètres chaque année, mais cela n'a pas toujours été le cas. Il est possible de retracer les mouvements des pôles sur des centaines de millions d'années grâce au paléomagnétisme qui consiste à chercher des traces magnétiques sur d'anciennes roches, pour savoir comment l'orientation des pôles a évolué avec le temps. Une méthode fiable, mais assez peu précise.
Malgré son apparence, la Terre n'est pas parfaitement sphérique. © 3dsculptor, Adobe Stock
Dans cette nouvelle étude, les auteurs ont tenté une autre technique : retracer le niveau des océans sur des millions d'années. En effet, le niveau de la mer évolue avec la dérive des pôles car les changements de distribution de la masse provoque une « migration » des océans, avec un niveau qui va, par exemple, monter dans l'hémisphère nord au même rythme que la baisse notée dans l'hémisphère sud