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Netflix : la pub séduit 12 millions de Français, mais partager son abonnement coûte plus cher
La publicité s'est durablement installée sur Netflix. En France, la formule avec publicité touche désormais 12 millions de personnes chaque mois, et près de six nouveaux abonnés sur dix la choisissent. Mais cette offre économique comporte une limite : impossible d'ajouter un utilisateur extérieur au foyer. Une règle qui fait écho au débat actuel sur le partage des abonnements.
Netflix continue de miser sur la publicité. Lors de son premier Upfront français, un événement organisé le 14 octobre à Paris pour présenter ses offres aux annonceurs, la plateforme a dévoilé de nouveaux chiffres sur son activité dans l'Hexagone. Selon Médiamétrie, son offre avec publicité touche désormais 12 millions de personnes chaque mois, tandis que près de 60 % des nouveaux abonnés français choisissent cette formule.Ce dernier chiffre avait déjà été avancé au printemps. À l'échelle mondiale, Netflix revendiquait alors 250 millions de spectateurs mensuels pour son offre financée par la publicité. Précisons toutefois que les 12 millions annoncés en France correspondent à une audience et non à autant d'abonnements payants.
Le principal argument de l'offre Standard avec pub reste son tarif : 7,99 euros par mois, contre 14,99 euros pour la formule Standard sans publicité et 21,99 euros pour l'abonnement Premium. À l'année, accepter les interruptions publicitaires permet donc d'économiser 84 euros par rapport à l'offre Standard classique.Pour Netflix, l'intérêt est également économique. En commercialisant des espaces publicitaires, la plateforme dispose d'une source de revenus supplémentaire, qui vient compléter les sommes versées par ses abonnés. Elle peut ainsi proposer un tarif d'entrée plus accessible tout en monétisant l'audience auprès des annonceurs.
Lors de son événement parisien, Netflix a d'ailleurs largement insisté sur les performances de sa régie publicitaire. Selon ses propres données, les 18-34 ans représenteraient plus d'un tiers de son audience française utilisant l'offre avec publicité. Un public particulièrement recherché par les marques, que la plateforme entend séduire avec ses espaces publicitaires.
Depuis le durcissement de sa politique de partage des comptes en 2023, Netflix impose que les utilisateurs d'un même abonnement résident dans le même foyer, sauf recours à son option payante d'abonné supplémentaire.Or, la formule la moins chère de Netflix ne permet pas d'ajouter une personne extérieure au foyer. Pour bénéficier de cette possibilité, le titulaire doit souscrire au minimum l'offre Standard sans publicité, facturée 14,99 euros par mois, puis débourser 5,99 euros supplémentaires pour un utilisateur avec publicité, ou 6,99 euros sans publicité.
Autrement dit, ajouter une seule personne hors du foyer revient au minimum à 20,98 euros par mois, abonnement principal compris. À titre de comparaison, deux personnes qui souscrivent chacune une formule Standard avec pub paient ensemble 15,98 euros mensuels, soit 5 euros de moins. Les prestations ne sont toutefois pas identiques, puisque l'abonnement principal à 14,99 euros est dépourvu de publicité.Chez Netflix, payer moins cher signifie donc accepter la publicité, tandis que partager son abonnement au-delà du foyer suppose de passer à une formule plus coûteuse.
C'est précisément cette politique qui alimente le débat porté par Sharesub et Spliiit. Les deux entreprises françaises, spécialisées dans le co-abonnement, se sont récemment associées pour défendre une évolution du cadre légal. Leurs fondateurs respectifs, Jean-Brice de Cazenove et Jonathan Lalinec, contestent certaines limitations contractuelles imposées aux utilisateurs, alors que Netflix réserve l'utilisation d'un même compte aux membres d'un foyer, sauf option supplémentaire payante.
Dans un entretien accordé à Clubic, ils expliquent pourquoi ils souhaitent permettre aux consommateurs de choisir plus librement les bénéficiaires des accès qu'ils paient, et comment ils entendent faire évoluer la législation française