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"On n'est jamais préparé à ça" : au procès de la rue de Trévise, des pompiers témoignent et racontent comment ils ont perdu leurs collègues
Alors que s'est ouvert mardi le procès attaquant la mairie de Paris et le syndic de l'immeuble pour négligences, tous les pompiers qui sont intervenus, rue de Trévise, en 2019, sont encore très marqués par cette intervention.
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Le 12 janvier 2019, ils étaient là lors de l'explosion au gaz qui a fait quatre morts, dont deux de leurs collègues, de jeunes pompiers âgés de 27 et 28 ans. Presque 8 ans plus tard, au procès de l'explosion de la rue de Trévise, trois pompiers témoignent, mercredi 21 octobre, au deuxième jour de l'audience devant le tribunal correctionnel de Paris.
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Ce matin-là, six pompiers se rendent sur place, pour, pensent-ils, une intervention classique liée à une fuite de gaz. Quand ils entrent dans l'immeuble du 6 rue de Trévise, l'odeur était forte, mais pas forcément très inquiétante, confirment les trois pompiers.
Leurs détecteurs se mettent à vibrer lorsqu'ils avancent dans le hall, puis descendent dans la cave. Ils réalisent alors le danger potentiel. Quelques minutes plus tard, l'explosion retentit. Ludovic, l'un des pompiers, est alors dans la cage d'escalier, en train de sécuriser les habitants. "C'était une scène de guerre, raconte-t-il, on a traversé un appartement qui était complètement détruit et je me suis penché à la fenêtre. Sous la fenêtre, tout était en feu, explosé, des voitures étaient retournées. C'était la première fois que je voyais ça."
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Autour de Ludovic, le chaos est partout. Au rez-de-chaussée, l'un de ses collègues se retrouve sous des tonnes de gravats. Il restera deux heures coincé sous les décombres. "Je hurlais, mais personne ne m'entendait", raconte le jeune homme à la barre.
Pendant ce temps-là dans la rue, son chef d'équipe appelle des renforts. À la barre, il se souvient du feu, partout, des dégâts immenses, mais surtout de l'urgence à retrouver ses collègues. Très vite, il en repère un sous les gravats, grâce aux bandes réfléchissantes de son équipement. "Je ne l'ai pas reconnu", raconte sobrement le quadragénaire, recroquevillé sur le micro. Ce n'est que grâce au grade sur son uniforme qu'il parviendra à l'identifier.
Quelques mètres plus loin, un autre pompier est tué par l'explosion, alors qu'il sécurisait la zone pour protéger les passants. Deux collègues morts, c'est un choc immense, même quand on est pompier : "On n'est jamais préparé à ça, même si on sait qu'en tant que pompier, on n'est pas à l'abri de grosses interventions", raconte Ludovic.