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Tesla repousse la conduite autonome non supervisée à 2027 mais veut vendre le Cybercab dès cette année
Il va falloir patienter jusqu’au deuxième trimestre 2027 pour laisser sa Tesla voiture rouler sans surveillance, et seulement dans les quartiers desservis par le Robotaxi. Le constructeur compte en revanche livrer ses premiers Cybercab à des clients avant la fin de l’année, malgré l’enquête ouverte par le régulateur américain.
Tesla a gagné beaucoup moins d’argent au troisième trimestre. Son chiffre d’affaires est stable, à 28,05 milliards de dollars, mais son bénéfice net a reculé de 43 %, à 787 millions de dollars, et sa marge opérationnelle n’est plus que de 2,6 %. Le constructeur met la stagnation de ses ventes, avec 486 532 voitures livrées et un recul de 2 % sur un an, sur le compte du manque de batteries. Ses dépenses de recherche ont en revanche progressé de 69 %, à 2,76 milliards de dollars, pour financer l’IA et le robot Optimus. La direction a freiné sur la voiture de ses clients et accéléré sur la vente de son robotaxi sans volant ni pédales.
Elon Musk promettait aux investisseurs, en juillet 2025, des Tesla capables de rouler seules « pour un usage personnel non supervisé d’ici la fin de l’année, dans certaines zones géographiques ». Quinze mois plus tard, des actionnaires qui détenaient près de 1,1 million d’actions ont soutenu la question la plus attendue des petits porteurs, « Quand pouvons-nous espérer le FSD non supervisé dans les voitures des clients ? ». Ashok Elluswamy, responsable de l’IA chez Tesla, a répondu par une nouvelle échéance, le deuxième trimestre 2027, et il a changé au passage la nature de la promesse.
Les propriétaires pourront confier leur voiture au réseau Robotaxi géré par Tesla, et elle ne roulera sans surveillance que dans les quartiers desservis par ce service, d’après Electrek. Tesla exploite son Robotaxi dans six métropoles américaines, souvent sur une petite portion de la ville, et ses voitures circulent surtout à basse vitesse, loin des autoroutes. Dans la baie de San Francisco, Tesla garde un conducteur de sécurité à bord de chaque véhicule, faute de vouloir transmettre ses données à l’autorité californienne des véhicules. Ashok Elluswamy espère régler l’an prochain les problèmes de sécurité à l’origine de ces restrictions.
Les clients équipés de l’ordinateur HW3 ont payé le FSD, et Tesla les a prévenus que leur voiture ne pourrait pas faire tourner la version sans surveillance. En France, les conducteurs de Tesla n’ont toujours pas accès à la version supervisée, que neuf pays européens autorisent avant un vote de l’Union prévu en décembre.
Lars Moravy, vice-président chargé de l’ingénierie des véhicules, a fixé une échéance nettement plus proche pour le Cybercab. « Nous essayons de livrer des Cybercab à des clients d’ici la fin de cette année, 2026 », a-t-il annoncé aux analystes, d’après Reuters. Elon Musk a nuancé l’annonce, puisque la plupart de ces biplaces appartiendront à Tesla et serviront à son service de VTC.
Les premiers acheteurs recevront donc un véhicule dont la NHTSA, le régulateur américain de la sécurité routière, examine encore la conformité. L’agence a ouvert une enquête quelques heures après les premières courses payantes du Cybercab à Austin, début septembre. Aux États-Unis, un constructeur peut mettre une voiture sur la route sans feu vert préalable, à condition de certifier qu’elle respecte les normes fédérales, et ces normes imposent un volant et des pédales. La NHTSA veut donc savoir comment Tesla a certifié un biplace sans volant ni pédales, alors que le constructeur n’a demandé aucune dérogation. Tesla a jusqu’au 30 octobre pour répondre.
« La chose clé que nous essayons de garantir, c’est d’avoir toutes les autorisations réglementaires pour déployer les Cybercab aussi vite que nous pouvons les produire », a résumé Ashok Elluswamy, qui prévoit d’étendre le service à Dallas le mois prochain. Le client d’un Cybercab ne pourra jamais reprendre la main, faute de volant, alors que Tesla ne laissera pas les voitures de ses clients rouler sans surveillan