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TEMOIGNAGE. "On n'est pas entraîné pour ça et on n'a pas envie d'y aller" : des policiers non spécialisés s'inquiètent de leur réquisition pour samedi
À deux jours de la nouvelle journée de mobilisation, le gouvernement promet un "dispositif massif", qui inclut un renfort d'agents non spécialisés dans le maintien de l'ordre. Franceinfo a recueilli le témoignage d'un policier aux frontières réquisitionné samedi.
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Un "dispositif massif" a été annoncé, mercredi 21 octobre, par le gouvernement en vue de la prochaine mobilisation, samedi 24 octobre, en plus d'une surveillance renforcée des réseaux sociaux. Sur le terrain, il y aura donc le plus de policiers et de gendarmes possible. Au-delà d'un renfort des militaires de Sentinelle, le gouvernement prévoit aussi de réquisitionner des agents dont le métier n'a rien à voir avec le maintien de l'ordre, comme Adrien, policier aux frontières.
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Son terrain à lui est de contrôler les voyageurs à l'aéroport, mais samedi, lui et ses collègues se retrouveront dans les manifestations. Il a l'impression de servir de pion. "Ils raclent les fonds de tiroir. Vous partez au feu pour combler les trous, ce n'est pas normal. Le maintien de l'ordre, c'est un métier, c'est un entraînement. Nous, les policiers aux frontières, on n'est pas entraînés pour ça et non, les collègues n'ont pas envie d'y aller. On nous désigne d'office, on nous oblige, mais ce n'est pas à nous d'y aller. Il y a un profond dégoût, un profond manque de considération, surtout."
Les formations au maintien de l'ordre durent plusieurs mois, alors samedi, Adrien s'attend au pire. Avec ses collègues, ils craignent de se retrouver face à des casseurs aussi déterminés que le week-end dernier. "Les collègues, ils ont peur. On n'a pas d'idée, on ne nous explique pas, on vous envoie sur le terrain et advienne que pourra."
"Quand on n'a pas l'habitude de faire face à ces gens-là, c'est dangereux pour vous, physiquement, et pour les gens qui sont en face. On ne sait pas la réaction d'un collègue qui a peur."
"On n'est pas rompus à ça. S'il se passe quelque chose, c'est le policier qui sera au tribunal, il sera tout seul", s'inquiète encore Adrien. Par ailleurs, et il le déplore, aucune prime, aucune récompense, n'est prévue, selon lui. En plus de la police aux frontières, on verra aussi sur le terrain, samedi, des élèves de l'école de police, des enquêteurs, des policiers de commissariats, ou encore des CRS qui devaient être au repos, rappelés sur leurs congés.
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