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Pourquoi le plateau de Millevaches est-il pointé du doigt comme un fief de l'ultragauche par certains politiques après l'incendie de la mairie de Limoges le 17 octobre ?
Le maire LR de Limoges Guillaume Guérin a émis l'hypothèse de l'implication dans l'incendie de "zadistes" de cette région rurale proche, où deux suspects ont été arrêtés depuis. Une terre d'implantation connue de militants "en marge du système", mais pas de "camps d'entraînement de terroristes" comme évoqué par David Lisnard.
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Dès dimanche 18 octobre, au lendemain de l'incendie de la mairie de Limoges (Haute-Vienne), Guillaume Guérin, le maire Les Républicains (LR) de la ville, accusait "l'ultragauche française, celle qui vit toute l'année pour partie repliée dans les localités du plateau de Millevaches". Ce territoire rural, situé à cheval entre la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne, est pointé du doigt par des élus locaux de droite et d'extrême droite depuis plusieurs années comme abritant des activistes écologistes et anticapitalistes violents.
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Recevant Paris Match lundi dans la partie incendiée de l'hôtel de ville inauguré en 1883, le maire de droite a réitéré ses propos, affirmant que les auteurs de l'incendie n'étaient pas "uniquement de petites frappes" présentes "pour tout casser et saccager", mais qu'il s'agissait d'une opération de "violence politique", émanant "probablement des zadistes du plateau de Millevaches" et "sans doute d'autres types de black blocs encore, venus de territoire périphériques".
Proche de Guillaume Guérin, le maire de Cannes David Lisnard a repris ce narratif ces derniers jours, mais a franchi un pas, en allant jusqu'à évoquer sur RTL la présence de "camps d'entraînement de terroristes" dans cette zone rurale d'environ 10 000 habitants. On y retrouve "un certain nombre d'ex-zadistes de Notre-Dame-des-Landes, de 'black blocs', y compris parfois qui viennent de l'étranger", a affirmé le candidat à la présidentielle sous l'étiquette du parti de droite Nouvelle Energie, également président de l'Association des maires de France. A l'en croire, ces personnes "s'entraînent à la guérilla urbaine, acquièrent du matériel lourd d'attaque contre les policiers et se préparent à la garde à vue et donc à de la lutte urbaine".
Contacté par franceinfo, le Parquet national antiterroriste (Pnat) assure "ne pas avoir reçu de signalement en ce sens", de même que le parquet de Tulle, territorialement compétent, qui "n'a pas eu à connaître de procédures relatives" à l'existence d'éventuels camps de ce type. L'historien Sylvain Boulouque, spécialiste des radicalités, estime qu'il s'agit d'affirmations "complotistes", étant donné que David Lisnard n'avance "aucune preuve". "Il faut être sérieux : on n'est pas dans une situation de préparation à la guerre civile ou de processus insurrectionnel", souligne de son côté Isabelle Sommier, professeure de sociologie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste des mouvements sociaux et de la violence politique.
"Que le plateau de Millevaches soit une zone refuge pour des gens qui sont en marge du système et contestataires, ça, c'est sûr. Qu'il y ait quelques individus violents au milieu d'eux, je ne le conteste pas. De là à dire qu'il y a des camps d'entraînement, c'est faux", affirme aussi Philippe Brugère, président du Parc naturel régional de Millevaches et maire socialiste de Meymac, une commune dans la partie corrézienne du plateau, au quotidien La Montagne.
Les propos de David Lisnard font en revanche écho au discours tenu depuis deux ans par Bartolomé Lenoir, député de la Creuse sous les couleurs de l'Union des droites pour la République. En octobre 2024, quelques mois après son élection, ce jeune membre du parti d'Eric Ciotti avait lancé une pétition en ligne "contre la montée de l'ultragauche" dans le département, dénonçant l'installation d'une ZAD sur la commune creusoise de Faux-la-Montagne, niché sur la bordure occidentale du plateau de Millevaches.
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