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Après les réseaux sociaux, les affiches générées par IA envahissent nos villes et la riposte s’organise
Les comités des fêtes et les petits commerces ont confié cet été à des générateurs d’images leurs annonces de vide-greniers et leurs menus, reconnaissables entre mille par leurs ressemblances. Quelques mairies tentent maintenant de freiner le mouvement avec leurs panneaux d’affichage et l’argent qu’elles versent aux associations, sans toujours montrer l’exemple.
À Igny-Comblizy, dans la Marne, la secrétaire du comité des fêtes ne regrette rien. « C’est efficace », a-t-elle confié à la presse régionale, en admettant qu’elle obtient rarement le bon résultat à la première tentative. Dans la Manche, la responsable d’une friperie associative se félicite de produire des affiches colorées, là où sa structure se contentait auparavant d’une publication sur les réseaux sociaux. Ces bénévoles ne retirent rien à un graphiste. Sans budget de communication, ils fabriquaient leurs affiches sur un traitement de texte, ou se passaient d’affiche.
Les générateurs d’images gratuits ont changé cette équation. Une phrase tapée sur un téléphone donne un visuel coloré, avec le titre de l’événement intégré à l’image. Terence Renaudeau, patron du restaurant Le Cercle à Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, fabrique ses menus et ses annonces avec la version payante de ChatGPT. Avant, il dessinait ses visuels sur Canva sans jamais faire appel à un graphiste, et l’argent économisé l’aide à garder son établissement ouvert toute l’année et à payer une salariée en CDD chargée des réseaux sociaux.
Le défaut de ces affiches tient moins aux mains à six doigts qu’à leur ressemblance. Selon Alberto Romele, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle, cette esthétique lisse est due aux banques d’images qui ont servi à entraîner les modèles. Le graphiste Thomas Prouvost, fondateur de l’agence Les Lunettes créatives à Féron, dans le Nord, retrouve sur chaque affiche générée des compositions et des effets identiques, qu’elle annonce une brocante ou un cabinet dentaire. À ses yeux, une affiche doit répondre au besoin précis de son commanditaire.
De retour d’un voyage en van sur la côte Atlantique, Léa Pixels avait vu trop de flyers générés dans les rues et les magasins. Le 25 août, cette dessinatrice messine a dessiné sur Instagram deux personnages décidés à bouder tout événement dont l’affiche sort d’une IA. Son dessin a dépassé 1,2 million de vues en trois jours, d’après Le Monde Pixels. Les internautes dénoncent désormais des images bien réelles, collées sur des vitrines et parfois sur les panneaux des mairies. Les associations gagnent du temps et de l’argent, les graphistes perdent des commandes, et des élus découvrent qu’ils peuvent freiner le mouvement autant qu’ils l’ont nourri.
À Igny-Comblizy, dans la Marne, la secrétaire du comité des fêtes ne regrette rien. « C’est efficace », a-t-elle confié à la presse régionale, en admettant qu’elle obtient rarement le bon résultat à la première tentative. Dans la Manche, la responsable d’une friperie associative se félicite de produire des affiches colorées, là où sa structure se contentait auparavant d’une publication sur les réseaux sociaux. Ces bénévoles ne retirent rien à un graphiste. Sans budget de communication, ils fabriquaient leurs affiches sur un traitement de texte, ou se passaient d’affiche.
Les générateurs d’images gratuits ont changé cette équation. Une phrase tapée sur un téléphone donne un visuel coloré, avec le titre de l’événement intégré à l’image. Terence Renaudeau, patron du restaurant Le Cercle à Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, fabrique ses menus et ses annonces avec la version payante de ChatGPT. Avant, il dessinait ses visuels sur Canva sans jamais faire appel à un graphiste, et l’argent économisé l’aide à garder son établissement ouvert toute l’année et à payer une salariée en CDD chargée des réseaux sociaux.
Le défaut de ces affiches tient moins aux mains à six doigts qu’à leur ressemblance. Selon Alberto Romele, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle, cette esthétique lisse est due