// CLUBIC — MOBILE & WEB
Une fuite présumée chez LFI expose des données sur le porte-à-porte électoral
Les militants insoumis consignent chacun de leurs passages de porte-à-porte dans les outils numériques du mouvement. Un pirate vient de diffuser gratuitement plus d’un million de lignes tirées de ces relevés, dont certains remontent à cette semaine.
Encore lui. ChimeraZ a déposé les fichiers ce samedi sur le forum PwnForums. D’après lui, il s’agit d’une base partielle du site lafranceinsoumise.fr, de 544 Mo et 1 270 096 lignes, et La France insoumise n’a pas confirmé d’intrusion à ce stade. Les militants qui ont frappé à ces portes sont nettement plus exposés que les habitants, dont les adresses sont connues de tous. Le mouvement allonge la liste des partis piratés, après le site des Républicains à la mi-octobre et celui du Rassemblement national en juillet, à six mois de la présidentielle. FrenchBreaches a par ailleurs rapporté que le site du Parti communiste français avait également été frappé.
Environ 1,1 million de lignes, soit la plus grande partie de l’archive, sont regroupées dans un seul fichier. Dans chacune, une adresse est rattachée à ses coordonnées GPS et à une campagne, par exemple « Élection Municipale 2026 » à Bonneuil-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Ces adresses sont repérées par la clé d’interopérabilité de la Base Adresse Nationale. L’État publie cette base en open data, et n’importe qui peut la télécharger. « Il ne s’agit pas de 1,2 million d’adhérents ou de sympathisants », insiste Cyberattaque.org, qui a eu accès aux fichiers de porte-à-porte.
Les militants apparaissent en revanche dans le second fichier, avec leur nom ou leur pseudonyme. Environ 200 d’entre eux ont enregistré 12 959 passages, avec la date, l’accessibilité de l’immeuble, 158 040 portes frappées et 54 838 portes ouvertes. Les passages les plus récents datent de cette semaine, et 2 462 concernent la campagne présidentielle de 2027.
La France insoumise organise ses militants sur Action populaire, et Cyberattaque.org a retrouvé dans les fichiers la structure des deux outils de porte-à-porte de la plateforme, TokTok et Canvass. Le mouvement a ajouté en 2024 à Action populaire un outil de ciblage, conçu pour « cibler les actions militantes à l’aide de l’analyse électorale d’une zone géographique », d’après son bilan d’activité. Personne ne sait encore quel service a été compromis, ni si La France insoumise a fermé l’accès utilisé par le pirate.
ChimeraZ a joint à l’archive 11 430 événements de groupes locaux, programmés entre 2017 et 2027, avec les coordonnées de leurs organisateurs. Après dédoublonnage, Cyberattaque.org a compté quelque 5 000 numéros de téléphone et 911 adresses e-mail, même si une partie de ces informations est visible par tous sur les pages d’événements d’Action populaire. Au total, environ 5 900 personnes sont identifiables par un nom, une adresse e-mail ou un numéro de téléphone, estime Fuites Infos.
Les militants nommés dans ces fichiers peuvent être reliés à La France insoumise, et donc à une opinion politique. Pour la CNIL, ces informations sont des données sensibles au sens de l’article 9 du RGPD, puisqu’il s’agit d’opinions politiques « réelles ou supposées ». Les habitants des adresses visitées sont épargnés, car aucune personne rencontrée derrière les portes n’est nommée dans les fichiers.
Si vous avez organisé un événement sur Action populaire ou frappé aux portes pour le mouvement, méfiez-vous des messages envoyés au nom d’un groupe voisin ou de la direction, même quand l’expéditeur cite un vrai rendez-vous ou votre secteur de porte-à-porte. Ouvrez Action populaire depuis l’application ou le site, jamais depuis un lien reçu par SMS ou par e-mail, et signalez toute tentative suspecte à la plateforme publique d’assistance aux victimes.
En mai, un autre pirate avait mis en ligne une base d’Action populaire avec 120 000 adresses e-mail, et le mouvement avait alors saisi la CNIL et l’ANSSI. Tant que La France insoumise ne dit pas comment ChimeraZ a obtenu des relevés vieux de quelques jours, ses militants ne p