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Attentat raciste à Trappes : "C'est une contrevérité grave" d'affirmer que les auteurs d'attentats d'extrême droite sont traités différemment, réagit l'ancien procureur antiterroriste
L'avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi a dénoncé une différence de traitement entre les auteurs d'attentats d'extrême droite et ceux d'attentats jihadistes.
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"C'est totalement inexact" d'affirmer que les auteurs d'attentats d'extrême droite sont traités différemment, réagit ce lundi sur franceinfo Jean-François Ricard, ancien procureur national antiterroriste, après les accusations de l'avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi, tué vendredi lors d'une attaque raciste à Trappes (Yvelines).
"On sort beaucoup moins" : à Trappes, la peur s'est installée après l'attentat raciste
Maître Yassine Bouzrou s'est étonné dimanche de la suspension, pour raisons psychiatriques, de la garde à vue de l'assaillant. Il dénonce une différence de traitement entre les auteurs d'attentats d'extrême droite et ceux d'attentats jihadistes.
"C'est une contrevérité et c'est une contrevérité grave", répond Jean-François Ricard, qui a dirigé le parquet national antiterroriste de 2019 à 2024. "En aucun cas il y a une manière de traiter les affaires de terrorisme de manière différente selon le type de terrorisme auquel on a affaire", assure-t-il.
"La loi est exactement la même et elle est appliquée de la même manière pour tout le monde."
L'ancien magistrat affirme avoir rencontré "à de nombreuses reprises" des situations similaires dans des affaires de terrorisme jihadiste. "Toutes les semaines ou, en tous les cas, tous les quinze jours", des affaires se présentaient comme des attentats jihadistes, mais impliquaient des individus "dont le discernement était très altéré", voire qui ne pouvaient pas être placés en garde à vue, explique-t-il.
Concernant le cas précis de l'assaillant de Trappes, dont la garde à vue a été levée samedi soir après un examen psychiatrique, Jean-François Ricard rappelle qu'un médecin spécialisé doit d'abord déterminer si son état permet la reprise des auditions. La question de son éventuelle irresponsabilité pénale sera examinée ultérieurement, sur la base d'une ou plusieurs expertises visant à établir si son libre arbitre était altéré ou aboli au moment des faits. "Ça prend du temps", souligne-t-il.
Interrogé sur la menace terroriste d'ultradroite, l'ancien procureur estime qu'il s'agit d'une "menace sérieuse", suivie par les services de renseignement, mais "parfois difficile à détecter" lorsque les auteurs sont inconnus de ces services.