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Actualité : Le Danemark voulait se passer de Microsoft Office, mais l’expérience tourne court face aux bugs : coup dur pour la souveraineté numérique en Europe
Le gouvernement danois met discrètement fin à son expérimentation visant à remplacer Microsoft Office par une alternative open source européenne, freiné par d’importants soucis techniques.
© IB Photography/Shutterstock - La Danemark échoue, abandonner Microsoft Office pour gagner en souveraineté numérique n'est pas du tout chose aisée.
L’année dernière, le Danemark affichait une ambition forte pour gagner en souveraineté numérique. Soucieux de réduire sa dépendance envers les géants américains et une administration Trump jugée imprévisible, le pays souhaitait abandonner progressivement Windows et la suite Office 365. Porté par l’ancienne ministre de la Numérisation Caroline Stage, ce projet pilote devait faire figure de modèle en Europe, mais l’initiative vient finalement d’être enterrée en toute discrétion à Copenhague.
À l’été 2025, la phase de test débutait pour trente-huit agents ministériels, chargés d’utiliser la suite bureautique britannique Collabora. L’objectif consistait ainsi à vérifier si l’administration pouvait réellement se passer de Word, Excel et PowerPoint, les logiciels phares de Microsoft Office. Lors de son lancement, Caroline Stage saluait d’ailleurs “un pas bienvenu dans la bonne direction” pour l’indépendance du pays.
Pourtant, selon les révélations du média spécialisé Computerworld, l’expérimentation a été brusquement interrompue au printemps 2026 à l’occasion des élections législatives. Dans la foulée, un porte-parole du ministère a confirmé que le test était définitivement clos et qu’aucune reprise n’était programmée.
Il faut dire que la transition s’est heurtée à d’importants obstacles techniques. Les fonctionnaires ont rapidement signalé des problèmes de formatage récurrents, mais aussi l’apparition de pages blanches inexpliquées ainsi que des dysfonctionnements dans le suivi des modifications. La faute à la solution de Collabora, reposant sur le format ouvert ODF, dont l’interopérabilité avec le format propriétaire OOXML de Microsoft reste complexe.
Plus surprenant encore, les autorités ont renoncé à produire le rapport d’évaluation initialement prévu pour comparer les performances des deux suites logicielles. Une décision que déplore Mikkel Flyverbom, professeur à la Copenhagen Business School, qui estime que ce bilan aurait offert un précieux retour d’expérience aux autres administrations publiques afin de découvrir si ces blocages handicaperaient toutes les tentatives de migration ou non.
Alors que la France, le Land allemand du Schleswig-Holstein ou encore plusieurs collectivités britanniques cherchent eux aussi à s’émanciper des licences américaines, cet abandon silencieux laisse planer le doute sur la capacité réelle des États européens à détrôner les services de Microsoft, de Windows à Office. La souveraineté numérique a donc encore du chemin à faire avant de s’imposer.
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