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Dossier : “La durée de vie des objets est une affaire politique” : à l’approche de 2027, le secteur de la réparation se prononce timidement
Au colloque d’ouverture des Journées nationales de la réparation, qui s’est tenu le 15 octobre 2026, les professionnels du secteur ont fait un constat clair. Si les problématiques de durabilité et réparabilité ont infusé dans la société, elles peinent à trouver une traduction politique concrète.
© Israel Gil / Shutterstock - Le secteur de la réparation frôle la crise
Dans l’imposante salle des fêtes de l’Académie du Climat à Paris, les industriels, ONG et autres spécialistes de l’économie circulaire se sont réunis ce 15 octobre pour tirer un même constat : le milieu manque de moyens. Plus lapidaire encore, Laetitia Vasseur, cofondatrice de l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP), a ouvert cette quatrième édition des Journées nationales de la réparation en expliquant que “si on ne peut pas compter sur des financements, des lois, des sanctions, on ne peut compter que sur nous-mêmes.”
Dans le grand public, beaucoup de voyants sont pourtant au vert. Ainsi, 62 % des Français connaissent l’indice de réparabilité et les deux tiers l’utilisent pour guider leurs achats, indique le ministère de la Transition Écologique. Plus globalement, 91 % de la population a une bonne image de la réparation, indique-t-on chez Ecosystem. La bataille culturelle est donc en passe d’être gagnée, mais la volonté politique fait encore défaut.
Comme en 2025, le constat est plutôt amer. “Il ne faut pas s’en cacher : les financements sont coupés, l’Ademe est menacée. Cela pose le problème très important des moyens mis en place par rapport à l’ambition qu’est la nôtre”, avance Laetitia Vasseur. Alors, pour sortir de cette torpeur, l’association entend capitaliser sur le “momentum politique” actuel et vient de publier 40 mesures pour l’environnement et les consommateurs en vue de 2027 afin de peser sur le prochain quinquennat.
Que ce soit chez certains élus, personnalités institutionnelles et spécialistes, le stress lié à la prochaine présidentielle commence à se faire sentir. “Je sais que j’ai un boulot jusqu’en mai prochain, mais après…” nous glisse-t-on dans un hochement d’épaules. Les financements de l’économie sociale et solidaire se sont raréfiés et les équipes capables de porter des projets d’ampleur rétrécissent année après année. Le cas des Pays de la Loire, où 500 emplois ont été détruits entre juillet et décembre 2025 selon la Cress (Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire), fait discrètement grincer des dents.
Le basculement de la France à l’extrême droite pourrait accentuer cette dynamique. Le parti de Marine Le Pen propose notamment la baisse des subventions aux associations ne relevant pas de l’intérêt général, et de diminuer de 20 % les affectations financières à certaines agences d’État. “Pas besoin d’attendre une présidence RN pour voir nos finances diminuer”, dénonce-t-on tout de même sur scène.
Pour inverser la tendance, certains élus proposent des pistes plus ou moins concrètes. Pierre Lombard, adjoint au maire de Paris chargé de la propreté, de l'assainissement, de la réduction des déchets et de l'économie circulaire, veut mobiliser le “pouvoir subversif de la réparation face aux grandes entreprises capitalistes”. La capitale va ainsi mettre l’accent sur la formation et proposer des temps extrascolaires de “travaux ménagers”, mettant notamment l’accent sur la réparation dans une logique d’égalité des genres. “La durée de vie des objets est une affaire politique”, note l’ancien directeur adjoint du cabinet d’Anne Hidalgo. Selon lui, la réparation “contribue à une redistribution du pouvoir et de la propriété sur les objets”, et permet de “passer d’une société de consommateurs disciplinés à une société d’acteurs émancipés”.
Si on continue comme ça, on file vers quelque chose de cauchemardesque, totalitaire et destructeur pour l’environnement
Lui faisant suite, David Cormand, député européen (Les Écologistes), a fait le parallèle entre les problématiques relatives à la réparabilité et celles liées au dévelop