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Remonté, Xavier Niel s’en prend aux députés « ignares incompétents » qui ont voté la taxe sur les gigaoctets
Xavier Niel a qualifié ce week-end d'« ignares incompétents » les députés qui ont voté la taxe sur les gigaoctets. Le fondateur de Free accuse les élus d'être bons qu'à créer de nouveaux impôts.
Pour commenter la taxe sur les gigaoctets adoptée à l'Assemblée nationale, le moins que l'on puisse dire, c'est que Xavier Niel, dont la réaction était très attendue, n'a pas pris de gants. Interrogé sur le réseau social X par un internaute, le patron de Free a qualifié ceux qui l'ont votée d'« ignares incompétents ». Dans un second message, adressé à un autre abonné, il les accuse de ne savoir que créer de nouveaux impôts. Une sortie très suivie, alors que le texte, voté de justesse, a encore de sérieux obstacles à franchir.
Un internaute, et il n'était pas le seul, a demandé à Xavier Niel son avis sur cette taxe, ou plutôt cet amendement « voté par une poignée de députés socialistes ». La réponse est arrivée le lendemain, le samedi 31 octobre, jour d'Halloween, sur le réseau social X, en cinq mots. « Ce sont des ignares incompétents ». Le message a déjà dépassé les 830 000 vues et les 29 000 mentions « j'aime », avec 3 000 republications. Plus bas, un autre utilisateur juge les députés surtout doués pour « faire les poches » des Français. Xavier Niel a abondé : « Ils savent rien faire d'autre que créer de nouveaux impôts. »
Pour celles et ceux qui l'ignorent encore, Xavier Niel a fondé Free et contrôle le groupe Iliad, qui a bousculé le marché du mobile en lançant Free Mobile en 2012, et qui exploite aussi des opérateurs en Italie et en Pologne, avec un certain succès. Hors télécoms, il a lancé l'école de code 42, le campus de start-up Station F, et cofinancé le laboratoire d'intelligence artificielle Kyutai. Une voix qui compte dans le numérique français, dont la parole porte bien au-delà de ses abonnés, même si certains lui reprochent une certaine proximité avec le pouvoir en place.
Nous parlons de ce fameux amendement I-1358, porté par le socialiste Laurent Lhardit, d'autant plus qu'il concerne directement Free. Le texte prévoit de taxer chaque gigaoctet envoyé aux abonnés français à hauteur de 0,055 euro. Ce sont les fournisseurs de contenus qui paieraient, dans la limite de 15 % de leur chiffre d'affaires français ou de 2 % de leur chiffre d'affaires mondial. Mais ce sont les opérateurs comme Free qui devraient mesurer les volumes et les transmettre au fisc. Ce qui est assez ironique, c'est que ce sont les opérateurs télécoms qui réclamaient depuis des années que Netflix et consorts paient pour l'usage de leurs réseaux. Les 10 milliards d'euros espérés iraient cette fois à l'État.
Avant Xavier Niel, le fondateur d'OVHcloud avait déjà sorti sa calculette. Octave Klaba a estimé quelques heures plus tôt que son groupe, leader français du cloud et de l'hébergement en ligne, pourrait devoir jusqu'à 70 millions d'euros supplémentaires par an. Le dirigeant juge « incohérent » le plafond prévu par le texte et redoute une « distorsion de concurrence » au détriment des entreprises installées en France. Pour les particuliers, la note pourrait aussi grimper si les plateformes répercutaient la taxe. Selon nos calculs, cela représenterait jusqu'à 11,55 euros par téléchargement de GTA 6, ou jusqu'à 3,30 euros par mois sur un abonnement Netflix Premium.
Les partisans, très peu nombreux il faut le dire, de cet amendement, défendent une certaine logique. Les géants du web déclarent leurs bénéfices là où cela les arrange, mais les données qu'ils livrent en France, elles, ne se délocalisent pas. L'amendement vise ainsi à « faire contribuer les géants du numérique », selon les mots de Laurent Lhardit, tout en poussant les plateformes à mieux compresser leurs contenus. Le texte promet aussi que seuls les volumes seraient comptés, jamais le contenu des échanges.
En guise d'apaisement, il faut aussi préciser que le texte semble avoir peu de chances d'arriver au bout. Voté par à peine 11 voix contre 10 et 14 abstentions, malgré l'opposition du go