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Actualité : Voyager 1 survit à un black-out en se réparant tout seul et file jusqu'en 2030 vers une autre étoile à 61000 km/h
Alors que Voyager 1 s'apprête à atteindre la distance d'un jour-lumière à la Terre le 18 novembre, les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory ont encore eu des sueurs froides : le 18 octobre, la sonde mythique s'est tue mystérieusement pendant deux jours. Quand le signal est revenu, la NASA a constaté que la sonde s'était réparée toute seule.
© JPL, NASA - Illustration de la sonde Voyager au-delà des orbites planétaires du Système solaire.
À plus de 25 milliards de kilomètres de notre planète, aux confins de l'héliosphère, le plus célèbre ambassadeur de l'humanité a encore frôlé la catastrophe. Une défaillance critique inattendue et inexpliquée a plongé le vaisseau dans le silence. Le plus incroyable est que Voyager 1 s'est réparé tout seul. Une démonstration de résilience spatiale hors norme pour une machine lancée il y a près d'un demi-siècle.
C’est la première fois que nous voyons le vaisseau spatial effectuer une telle manœuvre, mais nous en sommes également à un stade de la mission où il faut s’attendre à l’imprévu.
Entre le 18 et le 19 octobre, les équipes du JPL, le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, ont retenu leur souffle. Un incident de communication majeur a brusquement rompu les liens télémétriques avec la sonde. À cette distance vertigineuse, le signal radio met plus de 23 heures pour un aller simple : c'est donc la durée minimale d'une intervention sur la sonde, et autant pour recevoir un signal retour.
Voyager, bichonnée dans les labos du JPL, avant son lancement en 1977.
Heureusement, le vénérable vaisseau dispose d'une autonomie remarquable. Privé de directives terrestres, le système de gestion de vol de la sonde a activé de lui-même ses protocoles de secours. En quelques heures, Voyager 1 a diagnostiqué la panne de ses circuits d'alimentation, basculé sur des sous-systèmes redondants et rétabli la liaison radio. C'est la première fois que le vaisseau gère une telle avarie avec une totale indépendance.
“Nous sommes soulagés d'avoir retrouvé le contact avec Voyager 1 et nous sommes impatients de comprendre ce qui s'est passé”, confesse Kareem Badaruddin, du JPL.
Cette frayeur s'inscrit dans une période mouvementée. En septembre, les ingénieurs du JPL ont procédé à une opération très risquée surnommée le “Big Bang” sur Voyager 1 et planifiée depuis le mois d'avril dernier. Ils ont basculé certains instruments sur des modes moins énergivores. Pour maintenir la sonde en vie malgré la dégradation de son générateur nucléaire (RTG), la NASA navigue sur un fil.
L'agence spatiale veut absolument que ses deux vaisseaux mythiques survivent à leurs 50 ans dans l'espace : cet anniversaire sera célébré respectivement en septembre et août 2027 pour Voyager 1 et 2. Mais l'autre objectif est d'atteindre 2030, qui est l'horizon auquel les réserves énergétiques seront probablement trop faibles pour alimenter encore le moindre instrument.