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Actualité : Ne parlez plus de datacenters, OpenAI présente ses nouveaux “campus de calcul” supposément plus responsables
Les énormes fermes de serveurs qui accompagnent le déploiement de l’IA à travers le monde n’en finissent pas de s’attirer les foudres des populations locales. Pour mieux passer sous les radars, OpenAI promet que l’ère des "datacenter" est mets en avant ses tout nouveaux "campus de calcul".
© Ivan Marc / Shutterstock - Les centres de données d'OpenAI veulent se donner un air responsable
Ils siphonnent l’eau en période de sécheresse, tirent sur le réseau électrique de manière excessive et génèrent un bruit à faire "vibrer tout votre être de l’intérieur". Dire que les datacenter n’ont pas bonne presse ces dernières années serait un euphémisme. En France comme aux États-Unis, ils sont massivement rejetés par les populations locales qui s’opposent à l’accaparement des ressources qui les accompagnent.
Bien consciente que l’industrie de l’IA a perdu la guerre d’image sur le sujet, OpenAI va désormais pousser à la construction de "campus de calcul" qui n’ont rien à voir avec les centres de données de ces dernières années. Promis. Dans un communiqué publié le 2 novembre dernier et repéré par The Verge, l’entreprise derrière ChatGPT détaille la manière dont ces nouvelles installations vont "favoriser une électricité abordable et fiable pour les familles et les entreprises des territoires où nous nous implantons".
L’idée derrière le programme "Grid Protectors" que la firme vient d’annoncer est de "construire des campus capables d’adapter leur consommation lorsque les populations en ont le plus besoin". C’est-à-dire de consommer plus d’énergie quand la demande est basse et moins d’énergie quand elle est haute. L’entreprise reste suspicieusement floue sur la manière dont cette promesse va être mise à exécution, se contentant de dire que "les familles et les petites entreprises ne devraient pas avoir à subventionner les besoins en électricité d’un campus de calcul".
Pour le moment, ce programme reste cantonné aux territoires étasuniens avec un projet pilote en Géorgie. "Les États-Unis ont besoin de davantage d’électricité pour soutenir leur croissance économique, et l’IA représente une part de plus en plus importante de cette demande", lit le communiqué "Imaginez un restaurant dans une ville touristique. Il lui faut assez de tables et d’espace en cuisine pour la haute saison, mais il doit financer cette capacité toute l’année. Ses habitués contribuent à faire tourner le restaurant et à payer les factures lorsque le tourisme ralentit. Nous proposons d’être ce client régulier", promet OpenAI.
Le communiqué ne fait mention de centres de données qu’à deux reprises, à chaque fois pour se distancer de ce terme désormais désuet donc. "Ces installations de calcul sont très différentes des centres de données construits il y a seulement quelques années, ce qui nous permet d’adapter notre demande d’électricité", s’enthousiasme l’entreprise de Sam Altman. "La capacité des centres de données américains devrait dépasser 100 gigawatts d’ici 2030", note OpenAI, mais "les campus de calcul" sont "une occasion unique pour notre génération de renforcer le réseau électrique". Comme si l’un n’avait rien à voir avec l’autre.
Le timing pour cette annonce ne doit rien au hasard. Comme le révèle Axios, les récentes élections de mi-mandat qui ont vu les Démocrates prendre leur revanche sur Donald Trump mettent OpenAI dans une position difficile. Jusqu’ici, l’industrie de l’IA bénéficiait d’un certain passe-droit auprès de l’administration Trump malgré son impopularité des deux côtés de l’échiquier politique. Avec la reprise du Sénat et de la Chambre des représentants par les forces opposées au président, l’entreprise va devoir se rendre plus présentable et ce relooking est la première étape.
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