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Actualité : Crise de l’automobile européenne : le patron de Renault réclame des mesures d’urgence face à la concurrence chinoise
Face à la concurrence chinoise, François Provost, patron de Renault, avertit qu’en l’absence de réaction de l’Union européenne, la production automobile européenne pourrait être divisée par deux après 2030, menaçant des centaines de milliers d’emplois.
© emirhankaramuk/Shutterstock - Renault alerte encore à propos de la concurrence chinoise, menace directe pour l'industrie automobile européenne.
L’industrie automobile européenne fait face à une concurrence chinoise des plus féroces. Lors d’un échange à Londres avec Reuters, François Provost, directeur général de Renault, a dressé un tableau particulièrement sombre de l’avenir du secteur sur le Vieux Continent, ciblant directement le manque d’actions de l’Union européenne. Pour le dirigeant, laisser le marché ouvert aux importations asiatiques à bas coût sans réaction de Bruxelles va tout simplement “tuer l’industrie automobile en Europe”.
Selon François Provost, si Bruxelles laisse la situation en l’état, le volume de véhicules assemblés sur le continent chuterait à la moitié de sa moyenne historique peu après 2030. “Pensez-vous qu’une quelconque industrie puisse survivre à cela ?”, a-t-il lancé aux journalistes, alors que des centaines de milliers d’emplois chez les constructeurs et les équipementiers sont en jeu. Au Mondial de l’Auto 2026, il évoquait déjà un risque de perte de 300 000 véhicules produits par an pour Renault sans assouplissement des normes de CO2 d’ici 2030.
Tout le problème vient d’un écart de coûts massif. En important leurs voitures, les constructeurs chinois affichent “des coûts inférieurs de 30 à 40 %” à ceux des industriels européens, explique le patron de Renault. Un fossé impossible à combler pour la marque au Losange, sauf si l’Union européenne oblige les marques chinoises à fabriquer localement leurs voitures destinées au marché européen. À armes égales sur le Vieux Continent, il assure pouvoir rivaliser.
Une telle obligation d’investissement local serait toutefois à double tranchant si elle s’appliquait aux modèles électrifiés. Cela risquerait en effet d’attiser les tensions commerciales avec Pékin sans régler les problèmes de compétitivité propres aux constructeurs historiques, dont les récents efforts (à l’image du bon démarrage de la Renault 5 E-Tech) ne suffisent toujours pas à rassurer les marchés.
En cause, une percée chinoise si rapide qu’elle prive les investisseurs de toute visibilité, résume l’analyste Philippe Houchois chez Jefferies, transformant peu à peu le secteur européen en “industrie zombie”, déjà cannibalisée par les modèles chinois. Un pessimisme généralisé qui traduit avant tout, selon François Provost, “l’anticipation que l’Union européenne ne bougera pas”. Réponse dans les semaines et mois à venir, notamment avec le tant attendu “Industrial Accelerator Act”, le projet de loi européen censé imposer des critères stricts de “Made in Europe” à la filière automobile.
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Journaliste actus sur Les Numériques. Passionné de nouvelles technologies et amoureux éperdu des produits Apple.