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Escargots, huîtres, viandes d'exception… Les produits de fêtes déjà dans le viseur des cambrioleurs
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Certains vols saisonniers se multiplient. Plus les dates des fêtes de fin d’année approchent, et plus les affaires s'accumulent : de nombreux artisans, producteurs, éleveurs, viticulteurs et ostréiculteurs doivent se protéger de cambriolages potentiels.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au menu des fêtes de fin d'année, on trouve des mets d'exception, toujours très convoités des gourmets. Des produits vendus à prix d'or, pour certains jusqu'à 1 000 euros le kilo. Autant de pépites qui font aussi saliver les voleurs. À Clairmarais, dans le Pas-de-Calais, François Vankemmel vient de faire les frais de l'appétit des cambrioleurs pour les escargots, un plat de fête qui peut grimper à plus de 100 euros le kilo.
Fin septembre, la baie vitrée de son atelier a été fracturée et le congélateur pillé. "C'est dans ce congélateur qu'ils se sont servi. En viande et en assiettes, en coquilles. Il y avait 380 kilos, ça fait environ 40 000 euros. C'est un quart du chiffre d'affaires. C'est énorme et beaucoup de temps de travail", témoigne l'héliciculteur, dépité. Six mois de travail perdus, et une question qui tourne en boucle : à qui profite le vol ? "Ça doit être un réseau, des gens qui savent le faire et qui peuvent les écouler derrière", suppose François.
Homard, truffes, volailles… Chaque année, les produits de fêtes sont la cible de cambriolages. En décembre 2025 à Saint-Nazaire, sept commerçants étaient cambriolés dans la nuit, plusieurs vitrines vides à cinq jours de Noël. Quelques jours plus tôt dans la Vienne, une porte était fracturée dans un élevage de volailles : 40 000 euros de pertes.
Sur le bassin d'Arcachon, la surveillance est maximale autour des parcs à huîtres. Dès le mois d'octobre, les contrôles se multiplient à cheval, en mer et même dans les airs. De jour comme de nuit, à l'aide d'un drone, les gendarmes traquent les moindres mouvements suspects. Dans le Gers, à Montpezat, en pleine campagne, une boucherie aussi s'est équipée d'un dispositif de sécurité. Pour protéger sa précieuse marchandise, Didier Limouzin a fait installer un système de vidéosurveillance : six caméras installées dans le bâtiment. "Il y a une alarme qui sonne, une grosse sirène dehors qui nous alerte", détaille le boucher-charcutier. Le système a fait ses preuves : depuis trois ans, il n'y a plus d'intrusions.
Un matin d'octobre en 2023, il avait retrouvé le portail forcé. Sans bruit, les cambrioleurs s'étaient dirigés vers les chambres froides. "Avec un pied-de-biche, ils nous ont fait sauter cette serrure", montre Didier. Au total, 60 000 euros de préjudice. "Je me suis retrouvé avec des barres par terre, des rangées de saucissons emportées", raconte encore le boucher. Parmi la marchandise visée : des jambons maturés, d'une valeur de 200 euros pièce. Au total, une quarantaine de jambons perdue. À deux mois des fêtes, il reste sur le qui-vive, conscient que ses précieuses denrées restent l'objet de toutes les convoitises.