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PrestaShop : « Être une alternative française m’intéresse assez peu » - interview
Après son rachat par cyber_Folks et un plan social qui a réduit ses effectifs d’environ moitié, PrestaShop affirme repartir sur des bases saines. Entre IA, souveraineté et dépendance aux géants du paiement, son dirigeant détaille la stratégie de la plateforme face à Shopify et WooCommerce.
Passée sous pavillon polonais début 2026, PrestaShop a connu un printemps agité, avec un plan social ouvert deux mois seulement après son rachat. Olivier Binet, qui dirige l’entreprise au quotidien, fait le point sur cette réorganisation et sur sa vision de l’open source à l’heure de l’IA. Il y aborde aussi la question de la souveraineté, la place des agents IA dans le e-commerce et les liens avec les hébergeurs et prestataires de paiement.
En avril, PrestaShop a ouvert un plan social, deux mois après le rachat par cyber_Folks. Pourquoi, et où en est-on aujourd’hui ?
Olivier Binet : Le marché a changé plus vite que PrestaShop. En quelques années, le e-commerce est passé d’un rythme annuel à un rythme mensuel. Les plateformes SaaS sortent des nouveautés chaque semaine, l’IA accélère tout, et les marchands n’attendent plus un an pour une fonctionnalité. Ils comparent. Et s’ils ne trouvent pas, ils partent.
Face à ça, PrestaShop n’avait pas la bonne organisation, et on ne pouvait pas demander à une équipe d’aller plus vite avec une structure qui la freinait. Être compétitif aujourd’hui, c’est savoir choisir peu de priorités et les tenir jusqu’au bout.
Il a donc fallu se resserrer, et l’effectif a été réduit d’environ moitié. Derrière ce chiffre, il y a des gens compétents, dont beaucoup que j’appréciais. Et non, ce n’est pas l’IA qui a remplacé ces postes. C’est l’organisation qu’on a repensée.
Le processus est terminé depuis l’été, et l’entreprise repart sur des bases saines. Et surtout, on n’est pas seuls. cyber_Folks est un groupe coté, rentable, qui a fait de l’e-commerce son moteur de croissance. Ça nous donne de l’assise, et des outils : robo_Folks, un assistant IA qui sait déjà piloter une boutique PrestaShop, de l’hébergement dédié, la connexion à Allegro, Amazon ou TikTok Shop via Apilo. Sans compter ce qu’on apprend de Sylius et de l’ensemble du groupe, un partage d’expertise tech et e-commerce dont on ne bénéficiait pas jusqu’à présent.
Côté produit, ça se voit déjà. La 9.2 est sortie fin septembre avec le One Page Checkout natif et Ask AI, le multi-transporteurs arrive avec la 9.3, et le B2B avance au cœur du produit. Le PrestaShop d’aujourd’hui va déjà plus vite que celui d’il y a un an.
PrestaShop est passée de française à italienne, puis polonaise. Peut-on encore parler d’alternative française, ou plutôt européenne ? Et qui décide vraiment, entre vous, Mikołaj Król et le groupe ?
O.B : Franchement, être une alternative française m’intéresse assez peu. Ce qui m’intéresse, c’est d’être une alternative open source crédible, pérenne et européenne. Dans cet ordre. Je mets « européenne » en dernier volontairement : la souveraineté reçoit plus d’attention qu’il y a quelques années, mais je ne veux pas qu’on se cache derrière. Personne ne choisit une solution pour sa nationalité. C'est un plus quand on hésite entre deux solutions crédibles, pas une raison de choisir.