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Le livre que personne ne peut lire : pourquoi le manuscrit de Voynich défie encore le monde
À l’été 1518, plusieurs centaines d’habitants de Strasbourg ont été saisis d’un besoin irrépressible de danser sans s'arrêter pendant des jours et des jours, ce qui provoquera la mort de certains d'entre eux. Cinq siècles plus tard, cet événement extraordinaire, qualifié de « manie dansante » par les chroniqueurs de l'époque, suscite toujours beaucoup d'interrogations.... Lire la suite
Un grand nombre d' illustrations mystérieuses et des milliers de mots écrits dans une langue inconnue... Vieux de plusieurs siècles, le manuscrit de Voynich, dont l'auteur est anonyme, reste une énigme pour les linguistes, les cryptographes et les historiens, et ce malgré les progrès de l’informatique et de l’intelligence artificielle.
À première vue, le manuscrit de Voynich ressemble à un traité savant du Moyen Âge ou de la Renaissance. Ses quelque 240 pages sont couvertes d'une écriture régulière, accompagnée de centaines de dessins plus étranges les uns que les autres : plantes impossibles à identifier, diagrammes astronomiques, constellations énigmatiques, signes du zodiaque, structures évoquant des cartes ou des organes, silhouettes féminines plongées dans d'étranges réseaux de bassins et de conduits...
Il est impossible de lire le texte, car l'alphabet n'est associé à aucune langue connue et aucun déchiffrement n'a jusqu'ici fait consensus.
Le manuscrit doit son nom à Wilfrid Voynich, un libraire et marchand de livres anciens qui l'a acquis en 1912, après que le volume ait circulé en Europe pendant plusieurs siècles. La datation au carbone 14 a situé sa fabrication au début du XVe siècle, entre 1404 et 1438 environ. Une découverte qui a écarté certaines hypothèses de faux moderne, sans résoudre l'énigme de son contenu.
À l’été 1518, plusieurs centaines d’habitants de Strasbourg ont été saisis d’un besoin irrépressible de danser sans s'arrêter pendant des jours et des jours, ce qui provoquera la mort de certains d'entre eux. Cinq siècles plus tard, cet événement extraordinaire, qualifié de « manie dansante » par les chroniqueurs de l'époque, suscite toujours beaucoup d'interrogations.... Lire la suite
Le texte, aujourd'hui transcrit sous une forme standardisée pour permettre son étude informatique, contient des milliers de mots construits à partir d'un nombre limité de signes. Leur répartition ne semble pas être aléatoire. Certains termes reviennent fréquemment, d'autres apparaissent dans des sections particulières, et la longueur des mots suit des régularités qui rappellent, par certains aspects, celles de langues naturelles.
C'est précisément ce qui rend le manuscrit si déroutant. S'il s'agissait d'un simple charabia destiné à donner l'illusion d'un savoir secret, pourquoi observerait-on autant de structures statistiques ? Mais s'il s'agit d'une véritable langue, pourquoi reste-t-elle incompréhensible ? Et si le texte est chiffré, quel procédé a pu résister à plus d'un siècle d'analyses ?
Une autre page du manuscrit de Voynich. © Public Domain
Au fil des années, presque toutes les pistes ont été explorées : langue perdue, alphabet inventé, code diplomatique, système de stéganographie, langue artificielle, voire supercherie savante. Des cryptographes professionnels, y compris des spécialistes formés au déchiffrement de messages militaires, se sont attaqués au problème sans parvenir à trouver la solution.