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« C’est le signe que les problèmes de stocks touchent enfin à leur fin » : le vélo en Europe va-t-il enfin connaître une embellie ?
L’European Cycling Industries (ECI), l’association qui représente la filière vélo à l’échelle du continent européen, vient de publier son Bicycle Industry & Market Profile (BIMP), un rapport annuel qui compile la production, les ventes, l’emploi et les échanges commerciaux du secteur. C’est la première édition signée ECI, après la fusion de deux organisations de référence, la CONEBI et la CIE. Les chiffres 2025 montrent une stabilisation, après trois années de fortes turbulences.
« C’est le signe que les problèmes de stocks que nous avons connus suite à la crise du Covid-19 touchent enfin à leur fin », a déclaré Paul Walsh, directeur général de l’ECI, à la présentation du rapport. Durant le Covid-19, une véritable ruée sur les vélos a eu lieu, puis l’explosion des stocks et la baisse des prix quand la demande est retombée a fait extrêmement mal à la filière. « Le secteur a désormais surmonté les difficultés rencontrées depuis la pandémie », ajoute-t-il.
Dans le détail, la production européenne de vélos et de vélos électriques se maintient à 10,82 millions d’unités, au même niveau qu’en 2024. Les ventes reculent un peu, à environ 15,6 millions d’unités, soit 2,6 % de moins sur un an. En valeur, le secteur pèse 18,25 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en baisse d’à peine 0,84 %. On vend donc un peu moins de vélos, mais on les vend plus cher, tiré par le vélo électrique. L’emploi direct progresse même, avec 67 076 postes en Europe, soit mille de plus qu’un an plus tôt.
Walsh insiste sur la tendance à long terme observée au cours des années pré-Covid et aujourd’hui. « Malgré les fluctuations du marché, le marché européen du vélo a atteint 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, soit une croissance réelle de 18 % depuis 2018 après ajustement pour l’inflation », souligne-t-il. « Je ne pense pas que beaucoup d’autres secteurs des transports puissent se targuer d’une telle croissance. »
Derrière cette moyenne européenne, les écarts entre pays restent marqués. L’Allemagne, qui fournit l’essentiel des composants du continent, encaisse un peu plus que les autres. « L’Allemagne, qui représente 44 % de la production européenne de composants, a vu sa production reculer de 9 % pour atteindre environ 850 millions d’euros, tandis que l’Italie et le Portugal ont enregistré des baisses respectives de 19 % et 16 % », détaille Tanveer Ahmed, responsable des politiques chez ECI.
La France a elle aussi subi l’année 2025. Selon l’Observatoire du Cycle de l’Union Sport & Cycle, 1,84 million de vélos neufs y ont été vendus en 2025, en recul de 6 % sur un an, pour une quatrième année de baisse consécutive. Le vélo électrique, censé être le moteur du marché, a particulièrement souffert : 507 000 unités ont été écoulées, soit 16 % de moins.
Tout n’est pas noir pour autant : le Portugal a augmenté sa production de vélos de 17 à 18 % « depuis la création de son pôle cycliste, démontrant ainsi comment les pôles industriels peuvent dynamiser la production et attirer une main-d’œuvre qualifiée. À mesure que l’Europe développe sa production de composants, l’accès à une main-d’œuvre spécialisée pour les batteries, les moteurs et autres pièces à haute valeur ajoutée sera essentiel », détaille Tanveer Ahmed.
Il poursuit : « Si les financements européens soutiennent à juste titre les infrastructures cyclables, des investissements plus importants sont également nécessaires dans la R&D, l’innovation et la relocalisation de la production de composants. Les politiques publiques devraient encourager le développement de pôles cyclistes à travers l’Europe, permettant ainsi une production locale plus forte, l’innovation et un accès plus large à des vélos de haute qualité grâce à des initiatives régionales de production et de location. »
Les importations viennent quant à elles nuancer ce tableau. « Il ne faut pas oublier que les importations dans l’UE ont quasiment doublé lorsqu’on parle de stabilisation du marché », a rappelé Anke Schäffner, direct