// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
"Dès qu'il est un peu noir, les cours chutent immédiatement" : après l'incendie en Gironde, la filière bois s'inquiète
Après le passage des flammes en Gironde, les exploitants forestiers comptent les pertes. Le bois de certains arbres reste utilisable, mais son apparence carbonisée risque d'entraîner une baisse des ventes.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
En Gironde, après le mégafeu, l'heure est à constater les dégâts. Avec 42 000 hectares brûlés, la quasi-totalité de la monoculture de pin maritime est partie en fumée. La filière bois représente 34 000 emplois dans la forêt des Landes de Gascogne, dont une partie en Gironde. Les sylviculteurs s'inquiètent donc forcément.
"Être sûr qu'aucun arbre ne puisse tomber" : après l'incendie à Fontainebleau, l’abattage des arbres se poursuit pour sécuriser la forêt
Sur la parcelle d'André Prouvoyeur, les pins maritimes sont calcinés. L'écorce est noire et au sol gisent plusieurs arbres fendus, renversés par un largage d'avion Dash. Mais "à l'intérieur, le bois est parfaitement blanc, comme d'habitude", montre le retraité.
Il est pourtant persuadé qu'il ne pourra rien en tirer. "Les sylviculteurs vont avoir beaucoup de problèmes pour écouler leur bois qui vont être pris à vil prix. Dès qu'il est un peu noir, les cours chutent immédiatement", précise-t-il.
André Prouvoyeur parle d'expérience. En 2022, 90 hectares de ses bois ont brûlé. "On se ramasse tempête sur tempête, et maintenant incendie sur incendie, lance-t-il. On est toujours en train de replanter ! Ensuite, il faut débroussailler régulièrement… Ça coûte, tout ça. Ce n'est pas tout bénef, la forêt !" Il dirait même que ça lui coûte plus que ça ne lui rapporte.
Il appelle son confrère, Alain Seguin, qui est exploitant forestier juste à côté. "Ça fait mal", confie-t-il, estimant avoir perdu 400 hectares de bois. "Au bout de quinze jours, il commence à dépérir et le bois bleu n'est pas accepté pour les consommations nobles telles le parquet, le lambris et autre", détaille-t-il.
Il faudrait le couper tout de suite, mais impossible. "Actuellement, il y a un arrêté préfectoral, à juste titre, qui nous interdit d'exploiter le bois en forêt, car les fumerolles sont encore incandescentes". Il n'a pas encore évalué le coût des pertes, en tout cas, il n'est pas assuré.
"C'est une erreur de ma part, j'aurais dû m'assurer, je ne l'ai pas fait."