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« Nous sommes seuls mais motivés » : le patron de Lapierre nous dévoile son plan pour sauver la marque après la faillite d’Accell
Le numéro 1 européen du vélo électrique et mécanique est-il déjà en passe d’être démantelé ? L’échec de reprise par le Singapourien Dutech a entraîné un sursis de paiement le 5 août, puis la banqueroute des six filiales néerlandaises le 11 août.
Nous avons ainsi voulu comprendre quel avenir se dessine pour les différentes entités et marques, dont celle de Lapierre. Nous avons pu nous entretenir avec le Directeur Général de la firme française, William Perrier, pour détailler sa situation et son activité en France.
Un rappel utile sur le poids de l’entreprise : fondée en 1946 à Dijon, Lapierre revendique 106 salariés, plus de 800 revendeurs et 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
“On a fait la demande au tribunal de commerce mercredi dernier, le calendrier judiciaire fait que l’on ne peut pas le rencontrer avant le 25 août”, déclare William Perrier, « donc nous ne sommes pas encore sous leur protection judiciaire”.
“Pendant cette période-là, on essaie de comprendre tous les montages menés lors des précédentes restructurations financières, leurs impacts et implications pour Lapierre” précise le DG de la marque française, “on a deux objectifs, la lecture la plus complète possible pour le tribunal de commerce, et affiner le plan que l’on souhaite présenter”.
“On souhaite que Lapierre redevienne Lapierre et s’inscrive durablement sur le marché français dans un premier temps” décrit le dirigeant, “on verra ensuite l’ouverture sur d’autres marchés dans un second temps”.
Ainsi le rôle de William Perrier a basculé de l’opérationnel vers l’élaboration de ce plan, afin de solliciter et séduire de nouveaux investisseurs. Mais tout cela semble ainsi s’organiser loin du reste du groupe Accell, non ?
“Nous n’avons quasiment plus d’interactions avec le groupe ou les autres entités à l’heure actuelle, sinon avec les administrateurs des entités néerlandaise ou des autres liquidées” confie-t-il, “je considère que nous sommes seuls avec Lapierre, ainsi qu’avec la marque espagnole Comet, qui est aussi très bien implantée localement”.
“On ne peut évidemment faire aucune promesse, car la situation est instable et mouvante” déclare le DG de Cycles Lapierre, “mais je peux dire que nous sommes proactifs et motivés pour assurer un avenir viable pour l’entreprise”. Il nous confie aussi avoir été contacté par « une quinzaine d’investisseurs », sans préciser leur nom ou leur intérêt.
Il ajoute toutefois qu’une reprise partielle du groupe avec les marques de la filiale allemande Winora-Staiger (Winora, Haibike, Ghost) reste possible en théorie, mais qu’il est actuellement « trop chronophage de discuter avec leurs représentants ».