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Longtemps considéré comme inutile, cet organe retiré en chirurgie divise aujourd'hui les scientifiques
Le thymus est un organe du corps humain plutôt discret, parfois jugé si inutile qu'il peut être retiré chez les adultes. Mais des scientifiques d'Harvard pensent que cette glande n'est pas inutile !... Lire la suite
Une petite glande logée derrière le sternum, longtemps jugée inutile passé l'adolescence, et retirée sans état d'âme au cours de certaines opérations du cœur. Une étude américaine associe pourtant son ablation à un risque de décès et de cancer doublé en cinq ans. Des travaux plus récents ne retrouvent rien de tel.
Le thymus occupe une place particulière dans la hiérarchie des organes. Essentiel pendant l'enfance, il s'atrophie à la puberté et cesse de produire des lymphocytes T en quantité notable. Cette involution lui a valu une réputation d'organe accessoire à l'âge adulte, au point d'être fréquemment retiré lorsqu'il gêne l'accès au cœur.
Des travaux, publiés dans la revue New England Journal of Medicine en 2023, ont remis cette pratique en question, avant que d'autres ne viennent nuancer le tableau.
Le thymus assure la maturation des lymphocytes T, ces globules blancs chargés de combattre infections et cellules anormales.
Son rôle est si central que les enfants privés de cet organe présentent durablement moins de lymphocytes T. Leur réponse immunitaire aux vaccins s'en trouve également amoindrie.
À la puberté, la glande se rétracte et son activité chute. Elle peut alors être retirée sans conséquence immédiate apparente. Comme elle se situe devant le cœur, elle est fréquemment ôtée lors d'interventions de chirurgie cardiothoracique, par simple commodité d'accès.
Certaines situations imposent par ailleurs cette ablation, appelée thymectomie : cancer du thymus, ou maladies auto-immunes chroniques comme la myasthénie.
Le thymus joue-t-il un rôle vraiment important ? Deux études aboutissent à des résultats opposés. © myboxpra, iStock
Une équipe de Boston a comparé le devenir de patients opérés en chirurgie cardiothoracique, à partir des données d'un système de santé régional. D'un côté, plus de 6 000 personnes dont le thymus avait été conservé. De l'autre, 1 146 patients ayant subi une thymectomie.