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Actualité : Ce nanomatériau testé sur des bâtiments refroidit les surfaces de 13 °C : une révolution à venir pour les produits tech ?
Des chercheurs espagnols ont créé un nanomatériau capable de dissiper la chaleur passivement, abaissant la température de presque 13 °C sans consommer la moindre électricité.
© Institut de micro et nanotechnologie du CSIC - Réduire la température des toits de 12,9 °C a été possible grâce à ce nouveau nanomatériau innovant
La climatisation et le refroidissement de nos appareils (smartphones, serveurs, véhicules électriques…) engloutissent un cinquième de la consommation électrique mondiale. Pour répondre à ce défi énergétique, de plus en plus important avec le réchauffement climatique, des chercheurs espagnols ont développé une solution passive inédite : un polymère structuré à l’échelle nanométrique, qui promet de métamorphoser la gestion thermique de nos équipements, en faisant descendre la chaleur de 12,9 °C lors de premiers tests sur des toits, et ce, sans avoir besoin d’être alimenté.
Pour arriver à ce nanomatériau, les chercheurs de l’Institut de micro et nanotechnologie du CSIC ont tiré parti d’un phénomène naturel appelé le refroidissement radiatif diurne. Pour faire simple, ils ont exploité une fenêtre thermique de notre atmosphère, située dans le spectre infrarouge entre huit et treize micromètres, permettant à la chaleur de s’échapper directement vers l’espace au lieu de rester irrémédiablement bloquée par les gaz à effet de serre de notre planète.
L’étude, publiée dans la revue Nanophotonics, dévoile ainsi que la solution pour exploiter ce canal infrarouge a été d’utiliser le fluorure de polyvinylidène. En infiltrant ce polymère au sein de matrices nanoporeuses en oxyde d’aluminium (structures dotées de cavités microscopiques), le matériau acquiert une géométrie tridimensionnelle qui agit comme un miroir thermique extrêmement efficace. Grâce à cette combinaison inédite, le nanomatériau a permis de renvoyer plus de 82 % du rayonnement solaire et d’expulser 97 % de sa chaleur via la fameuse fenêtre infrarouge.
Résultat : les surfaces enrobées de cette matière deviennent nettement plus froides que l’air ambiant. Lors d’essais menés l’été dernier sur les toits de Tres Cantos, sous un soleil accablant, les surfaces recouvertes par cette innovation ont affiché une baisse de température spectaculaire de 12,9 °C face aux échantillons classiques. De plus, le revêtement résiste parfaitement aux ultraviolets, repousse l’eau et s’avère autonettoyant.
Si le bâtiment reste une cible de choix, les implications pour les appareils technologiques sont massives. S’appuyant sur des processus industriels de fabrication existants et peu coûteux, le nanomatériau pourrait être utilisé à l’avenir pour refroidir les puces de nos smartphones ou les batteries des véhicules électriques. Une dissipation thermique, opérant sans compresseur, ni ventilateur ni électricité, représenterait ainsi un atout décisif afin de préserver leur précieuse autonomie durant les périodes de fortes chaleurs.
Comme toute étude, tout cela n’est qu’un début encourageant. Il faut maintenant patienter, le temps que cette innovation passe des toits des laboratoires espagnols à une véritable phase de production industrielle à grande échelle pour divers cas d’usage.
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