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Meurtre de Thomas à Crépol : la maire de Romans-sur-Isère juge que le parquet de Valence est "frileux" après avoir contesté la circonstance aggravante de racisme retenue par les juges
Dans son réquisitoire définitif, le parquet de Valence précise que les témoignages qui évoquent des propos racistes sont très minoritaires, variables et imprécis, voire contradictoires. Et qu’aucun témoin n’est capable de les attribuer précisément à l’un ou l’autre des mis en cause.
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"Je pense que le parquet a été un peu frileux", lance Marie-Hélène Thoraval, la maire de Romans-sur-Isère, mardi 18 août sur franceinfo, après le réquisitoire définitif du parquet de Valence (Drôme) dans l'affaire du meurtre de Thomas à Crépol, rendu lundi. Dans ce réquisitoire consulté par France Inter et franceinfo confirmant une information du Point, le parquet conteste le caractère raciste du meurtre de Thomas Perotto à Crépol en novembre 2023.
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Le 23 juillet, la circonstance aggravante de racisme avait été retenue par les juges d’instruction contre les 14 personnes mises en examen, après deux ans et demi d'enquête. Les suspects étaient auparavant poursuivis pour "meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée". Fin juillet, les juges avaient estimé que la mort de Thomas avait pu lui être donnée en raison de son appartenance à "la race blanche et à la nation française".
Dans son réquisitoire définitif, le parquet de Valence précise que les témoignages qui évoquent des propos racistes sont très minoritaires, variables et imprécis, voire contradictoires. Et qu’aucun témoin n’est capable de les attribuer précisément à l’un ou l’autre des mis en cause. Ce qui, en soi, ne permet pas, selon le parquet de Valence, de retenir cette circonstance aggravante de racisme contre la race blanche et la nation française. "Il y a des témoignages en ce sens", déclare Marie-Hélène Thoraval. Pour la maire de Romans-sur-Isère, "c'est une question qui dérange". Elle affirme se souvenir d'une réunion avec l'ancien ministre Olivier Véran, venu pour rencontrer les familles : "Elles se sont toutes exprimées sur ce sujet, tout le monde était au courant".
"C'est une situation qui mérite un débat", poursuit Marie-Hélène Thoraval. "Le racisme antiblanc doit être traité de la même manière que les autres", insiste-t-elle. Désormais, c'est aux juges d’instruction de Valence de dire s’ils retiennent ou pas ces circonstances aggravantes de racisme et de concomitance.
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, une rixe avait éclaté à la sortie du "bal de l'hiver" de Crépol, opposant des jeunes du village à un groupe venu notamment du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère. Au cours de l'affrontement, plusieurs assaillants avaient utilisé des armes blanches, blessant grièvement quatre personnes.
Thomas Perotto, un lycéen de 16 ans passionné de rugby, avait succombé à ses blessures pendant son transfert vers l'hôpital. Interpellés après les faits, 14 jeunes hommes avaient été mis en examen, tous pour "meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée". Aucun n'a jamais admis avoir porté le coup mortel. Une dizaine de participants avaient fait part aux gendarmes de propos "hostiles aux blancs" à la fin du bal du village. L’affaire avait suscité énormément d’émoi jusque dans la classe politique. La droite et l'extrême droite s'étaient notamment emparées du meurtre pour dénoncer un racisme anti-blancs et une insécurité croissante dans les campagnes.
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