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Manque de récolte et élevages en danger... La crise agricole s'étend après la sécheresse et les incendies
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Jérôme Cathala
Dans un été marqué par les fortes chaleurs et les incendies, le monde agricole continue de s'enfoncer dans la crise. La production devrait être bien moins conséquente qu'espérée, les plantes souffrent et les bêtes suffoquent.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Des champs brûlés. Sécheresse ou incendies, les agriculteurs paient le prix d'un été hors norme. "Évidemment, nous vivons un été terrible et les agriculteurs en paient un lourd tribut", estime Annie Genevard, ministre de l'Agriculture. En Moselle, Henri Malasset, maraîcher, a déjà perdu près de 70 % de sa production de salade : "Cette parcelle-ci est totalement destinée à être rasée, retournée, tout sera broyé. Ces salades-là, aujourd'hui, sont invendables."
Le paradoxe est saisissant. Cet hiver, la France connaissait des crues et des inondations historiques. Dans le Maine-et-Loir, des villages étaient sous l'eau tandis qu'aujourd'hui, les mêmes terres sont desséchées. Le printemps a été très chaud, l'eau s'est depuis évaporée. Des épisodes extrêmes, symptômes d'un climat qui se dérègle.
"Ça ne sera sans doute pas récoltable. En volume, je vais avoir un tiers de ma récolte prévue", soupire David Onillon, éleveur. La production de maïs devrait ainsi reculer de 19 % cette année.
Des plantes qui souffrent et des bêtes qui suffoquent depuis deux mois. Quand l'air vient à manquer, les animaux passent au foin. En Dordogne, Jean Barou devra acheter pour 15 000 euros pour nourrir ses chèvres. À la traite, il surveille leur état de santé. "Elles ont vraiment souffert, surtout au début des chaleurs au mois de juin. Je suis arrivé un matin, il y avait déjà deux chèvres mortes, et le soir, il y en avait deux de plus", coprésident du Syndicat caprin de Dordogne.
Sous la chaleur, les animaux mangent moins, boivent davantage. Résultat, moins de lait et de matières grasses. La production laitière devrait donc reculer de 10 %. La ministre de l'Agriculture a déjà annoncé une aide de l'État pour soutenir les agriculteurs. Ces modalités seront précisées le 27 août lors d'une réunion avec les préfets.
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