// FRANDROID — MOBILE & WEB
J’ai branché une Mercedes CLA électrique sur un Superchargeur Tesla : une recharge enfin possible, mais des choix qui interrogent
Près de 800 km d’autonomie, aérodynamisme soigné, boîte de vitesse à deux rapports et recharge en 20 minutes : à sa présentation, la Mercedes-Benz CLA semblait cocher toutes les cases pour être l’une des voitures électriques les plus novatrices de l’année.
Sauf qu’en creusant un peu, un détail sautait aux yeux : fonctionnant sous une tension de 800 volts, la berline électrique était incapable de se recharger sur une borne 400 volts (comme les Superchargeurs de Tesla) par absence de convertisseur.
Un oubli fâcheux, que Mercedes-Benz a depuis comblé en proposant un convertisseur en option sur sa CLA et le reste de ses nouvelles voitures électriques. À quoi s’attendre ? Quelle puissance espérer ? Nous avons profité de l’essai d’une CLA Shooting Brake dotée de cette option pour nous brancher sur un Superchargeur : voici comment ça s’est passé.
Rappelons la base : sur une borne 800 volts (soit l’immense majorité des bornes rapides en France) compatible, la CLA électrique peut se recharger à une puissance atteignant les 320 kW, de quoi passer de 10 à 80 % de la batterie en 21 minutes ; notre essai, bientôt publié, nous a même prouvé que les puissances réellement acceptées pouvaient titiller les 350 kW.
Reste que sur les bornes 400 volts (les Superchargeurs Tesla et pas grand-chose d’autre en France), blocage total : notre essai longue durée d’une CLA berline sans convertisseur l’avait illustré avec un message d’erreur affiché après avoir branché la voiture sur une station Tesla.
Le cas de Mercedes n’a rien d’un cas isolé : les difficultés de recharge des voitures électriques « 800 volts » sur une borne 400 volts est un mal quasi universel. Les Hyundai / Kia ont connu bien des déboires sur les Superchargeurs, les Xpeng sont bridées, bref, l’expérience est loin d’être fluide.
Plusieurs marques ont tenté de contourner le problème en séparant virtuellement la batterie en deux modules de 400 volts, capables de se recharger sans convertisseur ; c’est le cas de la plateforme PPE du groupe Volkswagen (sur laquelle reposent le Porsche Macan électrique, les Audi A6 et Q6), mais aussi des Neue Klasse de BMW.
Chez Mercedes, la solution retenue a été de proposer un convertisseur en option, capable de transformer un courant de 400 volts en un courant 800 volts pour le rendre compatible avec la tension de la batterie. Le configurateur est formel : la puissance ne pourra pas dépasser les 100 kW.
Une promesse tout à fait tenue. Notre CLA break, arrivée à la station Tesla de Colombe (38) avec une batterie à 25 %, n’a pas bronché en démarrant immédiatement la charge. Les 100 kW promis sont restés théoriques, mais la voiture a navigué entre 85 et 96 kW.
Très concrètement, passer de 25 à 50 % (soit 23,6 kWh regagnés) m’a demandé 15 minutes, stade auquel j’ai débranché la Mercedes.