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Actualité : Envoyer votre voiture thermique à la casse pour une électrique est le vrai choix écologique : cette étude le prouve
Garder sa vieille voiture essence pour sauver la planète est sans grande surprise une fausse bonne idée. Une récente étude scientifique prouve en effet que passer à l’électrique pollue bien moins, et ce, malgré la dette carbone liée à sa fabrication.
© Volodymyr TVERDOKHLIB/Shutterstock - La voiture électrique bat écologiquement parlant le fait de garder votre vieille voiture thermique, mais il y a des nuances à prendre en compte
Alors qu’on apprenait récemment que c’était désormais plus rentable de passer à l’électrique au lieu de rester avec son vieux véhicule thermique, sachez que c’est aussi bien plus écologique. Une récente étude d’un duo de chercheurs d’universités de Californie a en effet mis fin à un débat de longue date autour de la dette carbone liée à la fabrication d’une voiture électrique. Non, cette dernière n’est pas aussi catastrophique que de garder son véhicule à essence le plus longtemps possible. Il faut cependant impérativement qu’il passe à la casse pour que le bénéfice soit confirmé.
S’appuyant sur l’analyse de plus de 400 scénarios de cycle de vie de différents véhicules (de l’extraction des matériaux jusqu’à la casse en passant par la fabrication et l’usage), les travaux dirigés par J. Elliott Campbell et Roland Geyer démontrent bel et bien que l’électrique est le choix écologique à privilégier. Résultat : le fait de garder sa voiture thermique pour éviter la pollution engendrée par la production d’un modèle électrifié est donc un très mauvais calcul.
Bien que la fabrication d’une batterie génère effectivement un pic de pollution initial, cette fameuse dette carbone est effacée en seulement trois ans d’utilisation dans la majorité des cas. Sur les centaines de modèles étudiés, 92 % confirment que la mise au rebut d’un modèle essence ou diesel, même parfaitement fonctionnel, réduit les émissions globales de gaz à effet de serre. D’ailleurs, l’économie atteinte est en moyenne de 58 % sur seize ans.
La variable reine de cette équation reste l’origine de l’électricité. Si le bénéfice s’annule dans les régions où l’intensité carbone du réseau électrique dépasse les 400 kg par MWh, le remplacement anticipé reste avantageux pour la majorité du mix électrique actuel. Chaque kilomètre parcouru en électrique creuse ainsi un écart monumental avec les moteurs à combustion.
L’étude souligne également l’impact majeur du kilométrage. En dessous de 7 000 kilomètres par an, la dette carbone d’une électrique (citadine ou SUV) peine à être rentabilisée. Sans être un gros rouleur, il est ainsi possible d’amortir ce coût écologique très rapidement.
Pourtant, un biais psychologique persiste chez les automobilistes : le “sunk cost” ou “coût irrécupérable” en français. Il s’agit purement et simplement du fait de percevoir la destruction d’un bien existant comme un immense gaspillage de ressources. Les chercheurs insistent donc sur la nécessité de regarder plutôt les émissions futures évitées plutôt que le coût irrécupérable de production, bien plus impactant que la fabrication d’une voiture neuve.
Pour que tout cela fonctionne, avec une voiture électrique plus écologique que la conservation d’un modèle thermique existant, il faut cependant que ce dernier soit réellement détruit. S’il est simplement revendu sur le marché de l’occasion, il continuera en effet de polluer entre d’autres mains. C’est pourquoi les auteurs de l’étude plaident pour une intervention politique beaucoup plus forte sur ce sujet.
Ils recommandent ainsi la mise en place de généreuses primes à la casse pour inciter financièrement les conducteurs à abandonner définitivement leurs vieux moteurs thermiques, comme la France avait fait avec la prime à la conversion. Force est de constater que le leasing social actuel, bien que facilitant l’accès à l’électrique pour les ménages aux revenus fiscaux les plus modestes, n’incite pas à mettre à la casse son ancien véhicule thermique.