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Actualité : Un vaccin fonctionnera-t-il chez vous ? Une IA peut désormais le savoir
Une étude américaine publiée le 20 août 2026 renverse une certitude médicale : certains patients immunodéprimés comptent parmi les mieux protégés par leurs vaccins. La clé se cache dans une poignée d'anticorps que l'IA sait désormais repérer à l'avance.
© Shuttershock - Photo d'illustration. Ce geste de routine pourrait, demain, s'accompagner d'un test sanguin capable de prédire si le vaccin va vraiment protéger.
Depuis des décennies, la vaccinologie avance à l'aveugle. On injecte, on patiente, on mesure la réponse immunitaire des semaines plus tard, sans jamais savoir en amont qui développera une protection solide et qui restera vulnérable.
L'équipe dirigée par Joshua LaBaer, directeur exécutif du Biodesign Institute et du Virginia G. Piper Center for Personalized Diagnostics à l'Arizona State University, a choisi d'inverser cette logique en cherchant, dans le sang d'une personne non vaccinée, les signaux annonciateurs de sa future réaction immunitaire.
Les chercheurs ont passé au crible 8 687 échantillons sanguins prélevés sur 4 089 participants, dont 2 445 volontaires en bonne santé et 1 644 personnes immunodéprimées (VIH, myélome multiple, greffe d'organe, maladie auto-immune), en mesurant leur réactivité face à 185 antigènes distincts.
Le modèle d'IA croise les profils d'anticorps antimicrobiens d'un individu, isole les anticorps 'sentinelles', puis les fait passer dans un réseau de neurones pour prédire une réponse vaccinale forte ou faible, chez les personnes en bonne santé comme chez les immunodéprimées.
© Joshua LaBaer et al., Cell Press Blue, 20 août 2026.
Ces profils ont ensuite nourri un perceptron multicouche, une architecture de réseau de neurones conçue pour repérer, en amont de toute injection, les combinaisons d'anticorps qui distinguent un futur bon répondeur d'un futur mauvais répondeur. Certains anticorps préexistants, dirigés notamment contre Staphylococcus aureus, le virus respiratoire syncytial ou le respirovirus humain 3, se comportent comme des sentinelles.
Leur simple présence, bien avant toute injection, annonce une réponse vaccinale vigoureuse.
L'étude, publiée dans la revue Cell Press Blue, bouscule une intuition répandue. Environ 5 à 6 % des participants en bonne santé affichent une réponse faible, tandis que des personnes porteuses du VIH, traitées pour un myélome multiple ou greffées d'un organe développent parfois une protection remarquable.